Véronique Wattiez est très impliquée dans le groupe Diversité du bureau de McCarthy
Véronique Wattiez est très impliquée dans le groupe Diversité du bureau de McCarthy
Dimanche, c'est la fête des pères.

Si on applique les mêmes règles que pour les cadeaux de Noël, seuls les papas sages seront récompensés. Sages, pas seulement, les enfants sont exigeants: Il faut être présent pour le souper les soirs de la semaine, faire quelques conduites à l'école, jouer au parc le dimanche et assister aux matchs de hockey de fin saison.

Pas facile quand on est avocat dans un grand bureau et qu'on doit satisfaire aux demandes de clients exigeants, avec un quota d'heures facturables à l'année.

"Les questions relatives à la conciliation travail famille intéressent de plus en plus les hommes, la nouvelle génération surtout", explique Me Véronique Wattiez, associée chez McCarthy, très impliquée dans le groupe Diversité du bureau.

Pour favoriser l'équilibre travail-famille de leurs employés, certains bureaux ont adopté des mesures et favorisent la flexibilité dans l'horaire.

Congés

Jocelyn Perreault, père de trois enfant âgés de 5 ans, 3 ans et 20 mois
Jocelyn Perreault, père de trois enfant âgés de 5 ans, 3 ans et 20 mois
À la naissance d'un enfant, les pères bénéficient d'un mois de congés chez McCarthy. "De plus en plus d'hommes en prennent avantage", explique Me Wattiez.

Me Jocelyn Perreault, père de trois enfants âgés de 5 ans, 3 ans et 20 mois, a profité de cette période pour voyager en famille.

"On est parti un mois en camping en Californie alors que la plus jeune n'avait que 6 mois", explique l'avocat du groupe Insolvabilité chez McCarthy.

La même mesure est appliquée chez Cain Lamarre Casgrain Wells, qui vient d'ailleurs de recevoir le Mérite conciliation travail-famille lors du Congrès du Barreau 2013.

"Mes associés sont très ouverts au fait que j'ai deux enfants en bas âge, indique Me Normand Drolet, avocat chez CLCW. Marié à Me Isabelle Germain, conseil chez McCarthy, l'avocat explique qu'à la maison, il doit en faire autant que sa conjointe, elle aussi très occupée par son travail.

Flexibilité

Normand Drolet explique qu'à la maison, il doit en faire autant que sa conjointe
Normand Drolet explique qu'à la maison, il doit en faire autant que sa conjointe
Grâce aux outils technologiques, le temps de travail n'est plus synonyme de présence physique au bureau. Les horaires de travail peuvent être plus flexibles et mieux se concilier avec la vie à la maison.

"Tout est une question de confiance et d’organisation", commente Me Drolet. L'avocat raconte qu'un soir, il a tenu une réunion d'associés en vidéo-conférence avec son Ipad depuis sa cuisine alors qu'il donnait le souper à ses enfants.

"Personne ne s'en est offusqué, au contraire!"

Chez McCarthy aussi, on pratique le télétravail. " La fin de semaine au besoin , je fais des 5 à 8 avant le réveil des enfants", explique Me Perreault. Son bureau subventionne même l'achat d'équipement pour permettre à ses avocats de travailler depuis la maison.

Pour quitter plus tôt, aucune permission n'est à demander. "L'avocat doit juste s'assurer que le client a été bien servi", indique Me Wattiez. Elle précise également qu'en cas de contexte familial difficile, comme la maladie d'un enfant, le niveau d'heures facturables est revu à la baisse.

Grâce à ces accommodements, Me Drolet peut assister aux matchs de soccer de son fils de 6 ans et aux spectacles de danse de sa fille de 9 ans.

Me Perreault est aussi un papa très investi. Il emmène son fils de 3 ans patiner à l'Atrium, situé en bas de son bureau une fois par semaine et quitte les lundi à 16h pour le cours de natation de sa fille de 5 ans. "Je travaille en wi-fi depuis la salle des parents", dit-il d'un ton enthousiaste.

Développement des affaires en famille?

Avoir des enfants peut même constituer un atout en matière de développement des affaires, si on suit l'exemple de Me Perreault. En décembre dernier, il a organisé une journée d'activités père-enfants avec plusieurs de ses clients. "Enfants et parents étaient très heureux, on va renouveler l'expérience cette année", commente l'avocat.

Malgré l'investissement croissant des papas à la maison, certains tabous demeurent pour Me Wattiez. "Les hommes qui quittent plus tôt pour aller chercher leur enfant à l'école ne le crient pas sur les toits", souligne l'associée.

Selon une étude publiée récemment par l'Université de Toronto les pères trop attentionnés envers leurs enfants seraient peu respectés par leurs collègues.

Le poids des traditions serait donc encore bien présent dans le milieu professionnel.

En tout cas, pas de doute, Me Perreault et Me Drolet recevront de magnifiques dessins dimanche matin, et peut-être même un poème, qui-sait?