Ce fut une année bien remplie pour les lobbyistes. Au Québec, les 4 502 lobbyistes inscrits ont défendu 1 258 dossiers auprès des décideurs gouvernementaux alors qu’à Ottawa, 5 138 lobbyistes inscrits ont ouvert 2 947 dossiers actifs auprès de la Commissaire.

L’industrie qui cherche le plus à étendre son influence à Ottawa:

Ce n’est pas celle du pétrole ou de la finance mais bien le complexe militaro-industriel. En 2013, cette industrie a occupé au moins 100 lobbyistes œuvrant entre autre pour Navistar (véhicules blindés), General Dynamics (munitions), EADS (systèmes de détection tactiques), Airbus (avions de transport), Cubic Systems (entraînement au combat aérien), Boeing (avions de ravitaillement et hélicoptères) et Bombardier (avions et systèmes tactiques).

Plus de 160 rencontres se sont tenues entre ces marchands d’influence et les décideurs gouvernementaux.

Le dossier qui a mobilisé le plus de ressources:

P. Mario Carpentier chez BCF
P. Mario Carpentier chez BCF
C’est celui du Fonds de Solidarité qui s’est battu avec l’énergie du désespoir pour conserver son crédit d’impôt de 15 % conféré par Ottawa.

Tout de suite après le dépôt du budget fédéral, le Fonds a déployé ses troupes à Ottawa. Et il n’a pas ménagé ses moyens. Il a retenu les services de trois ténors du barreau pour défendre son dossier: P. Mario Carpentier, associé directeur de BCF, Gilles Carli associé de Fasken Martineau et le légendaire Len Farber, conseil de Norton Rose.

Me Gilles Carli de Fasken Martineau
Me Gilles Carli de Fasken Martineau
Le fonds défiscalisé a également retenu les services de la firme d’affaires publiques Hill+Knowlton, qui a assigné l’ancien ministre libéral Don Boudria presque à plein temps à ce dossier.

Et Droit-inc. a révélé en octobre que tous ces efforts ont porté fruits et qu’en août, le ministre des Finances Jim Flaherty a convoqué une réunion avec ses hauts fonctionnaires pour discuter du dossier du Fonds de Solidarité.

Me Len Farber conseil de Norton Rose
Me Len Farber conseil de Norton Rose
Les informations troublantes au sujet de la gouvernance du fonds qui ont émergé lors de la Commission Charbonneau ont toutefois scellé le sort de l’organisation qui, selon plusieurs observateurs avertis, a dépensé plus d’un million de dollars en honoraires professionnels pour défendre ce dossier.

Les deux avocats-lobbyistes les plus influents:

Me Marcel Aubut de chez Heenan Blaikie
Me Marcel Aubut de chez Heenan Blaikie
Selon les bons contacts de Droit-inc. avec le personnel politique à Québec, l’avocat-lobbyiste le plus influent est l’incontournable Me Marcel Aubut. L’associé de Heenan Blaikie défend plusieurs dossiers et est, entre autre, en train de laver la réputation de Dessau auprès des décideurs du gouvernement québécois.

Me Gerald Kerr Wilson de chez Fasken Martineau
Me Gerald Kerr Wilson de chez Fasken Martineau
À Ottawa c’est Me Gerald Kerr Wilson qui est identifié par notre tour de table. L’associé de Fasken Martineau est devenu l’avocat désigné par tous les joueurs du secteur telco canadien quand ils ont un dossier complexe à défendre à Ottawa. Me Kerr Wilson a également la réputation d’être un «gentleman parmi les gentlemen» dans les couloirs du pouvoir de la capitale nationale.

Le client le plus gênant:

Me Henry S. Brown de chez Gowlings
Me Henry S. Brown de chez Gowlings
On peut parier que les dirigeants de Montreal, Maine and Atlantic ne recevront pas de carte de souhaits de Gowlings cette année.

Quelques jours après la tragédie du lac Mégantic, Droit-inc. révélait que le propriétaire du train de la mort retenait depuis des années les services de Henry S. Brown. L’associé de Gowlings avait mené pas moins de neuf campagnes de lobbying en faveur de MMA pour obtenir des subventions et influencer la réglementation des services ferroviaires.

Le dossier le plus fumant:

Me Emanuel Montenegrino de chez McMillan
Me Emanuel Montenegrino de chez McMillan
Qui eut cru que l’on pouvait utiliser dans la même phrase «avocat personnel de Stephen Harper» et «légalisation du cannabis»? C’est pourtant le cas alors que Santé Canada cherche un groupe sélecte de fournisseurs pour les 37 400 canadiens qui fument légalement du cannabis pour des raisons médicales.

Ce lucratif marché, en pleine expansion, intéresse plusieurs gens d’affaires. L’un d’eux, un perruquier de Victoria, ne ménage pas ses moyens et a embauché Me Emanuel Montenegrino pour défendre son dossier. L’associé de McMillan est non seulement rompu au cadre réglementaire de Santé Canada, mais est également l’avocat personnel du premier-ministre du Canada qu’il a représenté dans des causes civiles.