Écosociété presse notamment le gouvernement à adopter une loi anti-SLAPP, terme anglais veut dire Strategic Lawsuit Against Public Participation. Pour Écosociété, ce genre de poursuite-bâillon «est une lourde menace pour le droit à l’information» et pour la «démocratie».

Selon eux, le seul objectif derrière cette poursuite du géant de l’or est d’écraser Écosociété et de la pousser à la faillite.

Barrick Gold poursuit la petite maison d’édition pour la somme de 6 millions de dollars. Or, ce montant représente 25 fois le chiffre d’affaires annuel d’Écosociété, «ce qui rend cette demande totalement absurde», réplique la maison dans un communiqué émis ce matin.

Écosociété lance également une campagne de financement qui vise le public afin de mener le combat contre Barrick Gold.


Écoutez en vidéo l'animateur Georges Pothier, du Canal Argent, qui reçoit l'auteur du livre «Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique», Alain Deneault.

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Objet du litige: Le livre Noir Canada

L’objet du litige est le livre «Noir Canada». Selon Barrick Gold, la maison d’édition a lancé avec cet ouvrage une campagne de diffamation contre l'entreprise, visant à ternir sa réputation, « sans vérifier la véracité et la crédibilité d'informations extrêmement graves au sujet de Barrick ».

Le livre met notamment en lumière des pratiques douteuses de l’aurifère en Afrique.

Écosociété répond que le livre est la synthèse et l’analyse de documents déjà rendus publics portant sur des abus de sociétés canadiennes en Afrique. Elle réitère sa confiance dans le sérieux du travail de ses auteurs :

"Le livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique est la synthèse et l'analyse de documents nationaux et internationaux déjà rendus publics (rapports, livres, documentaires...), portant sur des abus de maints ordres à propos de plusieurs sociétés canadiennes présentes en Afrique. Il porte aussi sur le soutien dont bénéficient parfois ces sociétés de la part du gouvernement canadien. Le débat que ce livre cherche à inscrire dans la sphère publique est d'autant plus légitime que les actifs des Canadiens (fonds de retraite, REER, fonds publics) sont souvent indirectement investis dans ces sociétés via la Bourse de Toronto.

Noir Canada ne se substitue pas à la justice et ne porte aucune accusation, mais s'enquiert du fait qu'un nombre considérable de documents nationaux et internationaux crédibles font état d'un nombre inquiétant d'abus voire de crimes qui auraient été commis par un nombre considérable de sociétés canadiennes en Afrique. Le livre en appelle à la création d'une commission indépendante pour élucider tous ces cas."