Question:

J'aimerais savoir quelle est la valeur supplémentaire apportée par l'inscription à un autre barreau que celui du Québec ?

Pour les avocats québécois, quels sont les barreaux les plus intéressants quant au cheminement d’une carrière: New York, Ontario ou Paris ?

Réponse:

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Une inscription à un barreau autre que celui du Québec n’a que peu de valeur à moins que vous ne souhaitiez éventuellement vous établir à l’extérieur du Québec. Dans les faits, certaines entreprises ou cabinets vont rechercher des candidats ayant fait leur common law mais ils vont très rarement demander aux candidats d’être membre en règle du barreau de l’Ontario ou d’ailleurs.

Il existe des exceptions, comme une entreprise ayant sont siège social en France qui a fait une offre à un candidat d’origine française inscrit au Barreau de Paris. Ce n’était pas dans les critères de sélection mais le fait qu’il soit « exportable » lui a sans doute donné une longueur d’avance sur les autres candidats.

Si vous visez à joindre les rangs d’un grand cabinet ayant des activités chez nos voisins du sud, le Barreau de New-York vous rendra à coup sûr plus intéressant. Le même raisonnement s’applique au Barreau de l’Ontario. Par contre, il faut évaluer la valeur de cette inscription par rapport aux efforts investis pour l’obtenir (en plus des cotisations annuelles à payer…).

Personnellement je vous conseillerais de compléter votre Common Law dans un premier temps et de voir où votre pratique pourra vous mener. Si vous décidez un jour d’exercer à l’étranger, il ne sera pas trop tard pour vous inscrire au barreau de votre destination.

Si vous tenez quand même à vous inscrire à un autre barreau, votre décision devrait être dictée par votre domaine de pratique. Si vous êtes un avocat de litige, allez chercher celui de l’Ontario qui vous permettrait peut-être de plaider des dossiers litigieux relevant des tribunaux ontariens.

Sachez toutefois qu’un avocat du Québec peut demander la permission de plaider en Ontario sans pour autant être membre du barreau de cette juridiction. Pour ce qui est de New-York ou Paris, il y a bien peu de chance pour que vous soyez appelé à y plaider.

Si vous œuvrez en transactionnel par contre, le Barreau de l’Ontario n’ajoute rien à votre profil dans la mesure où vous avez fait votre Common Law. Le Barreau de New-York pourrait cependant vous permettre d’être impliqué dans des transactions avec des cabinets américains.

Le Barreau de Paris quand à lui pourrait vous ouvrir les portes de l’Europe si vous décidez d’y aller mais pour une pratique basée à Montréal, je n’y vois pas de valeur ajoutée.

En terminant, je vous dirais qu’une fois votre Common Law complétée, des études supérieures telle qu’un MBA, une maîtrise ou une formation en gestion (bien que l’impact de telles études sur votre carrière soit relative) vous seront plus utiles que d’être membre d’un barreau autre que celui du Québec.

J’espère que ma réponse vous aidera et je vous souhaite une bonne semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.