Me Olivera Pajani fait partie des associés du cabinet Kugler Kandestin
Me Olivera Pajani fait partie des associés du cabinet Kugler Kandestin
Depuis le mois de décembre dernier, Me Olivera Pajani, 28 ans, fait partie des associés du cabinet Kugler Kandestin, un cabinet boutique bien implanté dans le paysage juridique montréalais.

Membre du Barreau depuis 2009, l'avocate confie avoir été très surprise par cette annonce, fruit d'une décision unanime des associés du bureau. « Je ne m'y attendais pas du tout, je suis très contente. C'est une très belle marque de confiance. Nous sommes une petite équipe, et j'ai eu la chance de travailler avec chacun des avocats, ça a sûrement aidé », dit-elle à l'autre bout du fil.

La jeune avocate a suivi un parcours sans embûche ni détour mais indique toutefois ne pas avoir eu « de plan » quand elle s'est inscrite au baccalauréat en droit à l'Université de Montréal, qu'elle a décroché avec inscription sur la liste d'honneur du doyen. « À 18 ans, on ne sait pas vraiment où on veut aller ; j'étais curieuse et j'ai décidé de me lancer en droit. » Si elle a trouvé sa voie au milieu des textes de doctrine et des articles de loi, il s'agit selon elle, d'un heureux hasard.

Rapidement, elle décide de s'orienter vers un droit « proche des gens » et choisit de mettre un pied dans la pratique en travaillant au sein d'un cabinet pendant ses études. C'est un de ses professeurs qui lui a recommandé Kluger Kandestin, connu dans les domaines de la responsabilité civile et médicale , préjudice corporel et litige civil. « J'ai été impressionnée par les avocats qui y exercent et j'y ai découvert la profession d'avocat. La pratique m'a tout de suite intéressée », raconte Me Pajani.

Dans le grand bain

Elle effectue alors son stage du Barreau au sein du cabinet, puis est recrutée comme collaboratrice après avoir prêté serment. « On m'a rapidement permis de plaider et d'aller à la Cour dans des gros dossiers de litige et de recours collectifs.»

Et quand la jeune juriste fait référence à des dossiers d'importance, elle ne grossit pas le trait. Elle est notamment intervenue au soutien des victimes, dans le cadre du recours collectif déposé contre les Rédemptoristes pour lequel elle a d'ailleurs rédigé la requête en autorisation. Elle était également en charge de plaider la partie responsabilité au procès au fond devant le juge Claude Bouchard. « Le dossier était très éprouvant et comptait de très gros enjeux. C'était difficile d'entendre les histoires d'horreur qui se sont passées, mais il fallait prendre le dessus », explique celle qui a dû déménager à Québec pendant l’automne au cours duquel se sont tenues les audiences.

Me Pajani a également participé au recours collectif intenté par les victimes d'Earl Jones contre la Banque Royale ainsi qu’à celui déposé par les élèves de l'Institut des sourds de Montréal contre les clercs de Saint-Viateur. « J'aime le litige même s'il y a toujours le stress de bien performer et présenter ses arguments. Nous travaillons en équipe et je ne suis jamais laissée à moi-même », indique-t-elle tout en soulignant qu’elle apprécie particulièrement la proximité existant entre les membres du bureau.

Petit cabinet et opportunités

Pas question donc d'échanger sa place contre celle d'un confrère d'un cabinet national. « J'ai des amis qui travaillent dans de grands bureaux et qui sont très heureux. Moi, j'ai besoin de connaître les gens avec qui je travaille, ça me permet d'avancer.»

« Ce n'est pas parce qu'on travaille dans un petit cabinet qu'il n'y a pas d'opportunité », ajoute-t-elle, rappelant que la juge Martine Tremblay, auprès de qui elle a effectué son stage, a pratiqué plusieurs années au sein du bureau.

Comment s'y prendre pour suivre le chemin de cette jeune plaideuse ? « Il faut travailler très fort, bien s'entourer et ne pas hésiter à poser des questions. Quand un dossier nous fait peur, il faut voir au-delà de la situation intimidante. C'est aussi ce qui nous aide le plus et qui nous donne de l'expérience .»

À bon entendeur!