Question :

Bonjour,

Je suis présentement en 3eme année et je suis en recherche d’un stage. Je me demande à quelle rémunération je peux m’attendre à titre de stagiaire ?

Merci.

Réponse :

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
La rémunération proposée aux stagiaires peut varier de 0 à plus de 80 000 dollars et ce, en fonction de plusieurs facteurs tels que la taille du cabinet ou de l’entreprise, le domaine de pratique, la charge de travail et le niveau de désespoir des candidats.

Ce dernier critère, bien qu’il puisse paraître ironique, est bien réel et fait en sorte que certains cabinets offrent des stages non rémunérés. Les avocats pratiquant seuls ou en petit groupe y voient une occasion de bénéficier d'une main d’œuvre à coût nul tout en pouvant invoquer le fait qu’ils aident à la formation de la prochaine génération de juristes.

Personnellement, je n’achète pas cet argument car il est possible de participer à ladite formation tout en offrant une rémunération minimale au stagiaire. C’est encore plus vrai si on considère qu’une partie du travail, aussi infime soit-elle, sera facturée aux clients. Normalement, tout travail devrait être rémunéré à sa juste valeur et c’est encore plus vrai si celui-ci est évaluable en termes d’heures facturées.

Est-ce que c’est légal ? Est-ce que la Loi sur les normes du travail s’applique ? À ce sujet je vous réfère su site de l’École du Barreau.http://www.ecoledubarreau.qc.ca/media/cms_page_media/27/stagiaire-et-lois-travail_1.pdf

La pénurie de stages fait en sorte que plusieurs étudiants sont contraints d’accepter un stage non rémunéré, de là l’apparition du facteur de désespoir des candidats. Un stage non rémunéré, après tout c’est mieux que rien… Attendez un instant, ce n’est pas si clair.

Stage non rémunéré, attention

Un stage non rémunéré peut quelques fois vouloir dire non encadré ou encore non formateur parce que vous allez passer votre stage à classer les livres dans la bibliothèque. Heureusement ce n’est pas le cas pour tous les stages de ce type.

Avant d’accepter à contre cœur un stage non rémunéré, assurez-vous à tout le moins que votre maître de stage y investira le temps nécessaire à votre perfectionnement car même si le but ultime est votre admission au Barreau, il est quand même souhaitable que votre stage soit minimalement formateur.
Voilà pour le facteur de désespoir.

La taille du cabinet ou de l’entreprise, le domaine de pratique et la charge de travail sont les autres facteurs. Je pourrais les traiter individuellement mais essentiellement ils sont aussi variables que les situations peuvent l’être. C’est le bon vieux principe de l’offre et de la demande qui s’applique.

Grands écarts de rémunération

À titre indicatif, même si la Loi sur les normes ne s’applique pas, dites-vous que le salaire minimum étant de près de 10 dollars de l'heure, si on le multiplie par 40 heures et par 50 semaines, on arrive à 20 000 dollars par année. Rien en bas de cela ne devrait être acceptable et ce n’est pas un minium pour autant.

À mon avis, pour un très petit cabinet ou un avocat pratiquant en solo, un stagiaire devrait être rémunéré à au moins 15 dollars de l'heure, quelle soit facturable ou non. Il pourrait également être rémunéré sur la base des heures facturées ce qui limiterait le risque financier du maître de stage mais placerait le stagiaire dans une situation plus à risque. Dans ces cas, une rémunération minimale devrait être prévue.

Pour les stages en moyen et grand cabinets ou en entreprises, vous pouvez vous attendre à une rémunération variant de 50 000 à plus de 80 000 dollars. Il y a rarement place à négociation, le montant étant préétabli pour l’ensemble des stagiaires.

Pourquoi tant d’écart ? Parce que les grands cabinets qui visent les meilleurs candidats vont offrir plus mais aussi demander plus également en termes d’heures.

Les moyens cabinets vont quant à eux souvent se rabattre sur les candidats délaissés et par conséquent, n’auront pas à rivaliser en termes de rémunération. Ils feront valoir l’esprit de famille, la qualité des dossiers ou encore leur réputation dans tel ou tel domaine de pratique afin de séduire les candidats.

On continue ensuite avec les cabinets plus petits ou moins connus et la rémunération suivra la même courbe descendante.

J’espère que mes commentaires vous seront utiles et je vous souhaite une bonne semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.