Pourquoi vous impliquez-vous pour la cause?

Me Dominique Tardif, vice-présidente de ZSA, devient ambassadrice Québec de la Fondation David Foster
Me Dominique Tardif, vice-présidente de ZSA, devient ambassadrice Québec de la Fondation David Foster
La raison est bien personnelle : il y a près de deux ans, ma mère est décédée, à 61 ans, d’un anévrisme en sortant du gym. C’est à moi, fille unique, qu’est revenue la décision de consentir au don d’organes une fois l’état de mort cérébrale constatée,le jour même du premier anniversaire de ma fille. J’ai par la suite agi pour changer les choses, et m’impliquer semblait donner du sens à tout cela.

Étant avocate de formation, les questions juridiques relatives au consentement et aux régimes opt-in / opt-out de certains pays m’intéressaient. J’avais étudié en gestion des organismes sans but lucratif à Concordia, travaillé chez Héma-Québec pendant mes études et trouvait qu’il y avait une certaine continuité entre la cause et le fait que ma mère était professeure à l’université et avait notamment participé à de la recherche subventionnée en matière de dons d’organes.

Chacun sa cause, évidemment. Celle-ci est différente, cependant, en ce qu’il est possible de changer la vie de quelqu’un en n’y consacrant que quelques minutes de son temps, et sans pour autant que ça n’oblige à signer un chèque (mais évidemment, les donations sont toujours bienvenues!). Aucune bonne raison de ne pas y donner suite, donc!

Pourquoi est-il important de parler du don d’organes?

Même si les sondages démontrent qu’environ 90% des Canadiens répondent par l’affirmative à la question de savoir s’ils consentiraient à donner leurs organes / tissus, moins de 20% des Canadiens ont pris les arrangements nécessaires pour ce faire.

Certains pays, dont l’Espagne, ont instauré un système selon lequel tous les citoyens sont des donneurs d’organes potentiels, sauf dans la mesure où ils manifestent leur volonté de ne pas l’être. En Europe, plus d’une vingtaine de pays ont adopté des formes diverses de ce régime. La question du don d’organes étant de juridiction provinciale au Canada, certaines tentatives ont été faites dans le passé pour faire adopter, sans succès cependant, des projets de loi visant l’adoption d’un tel système. Au centre du débat, le fait que cela soulève toutes sortes de questionnements éthiques et juridiques, dont ceux relatifs au consentement.

Le système du consentement explicite, plutôt que du consentement présumé, prévaut donc actuellement dans toutes les provinces canadiennes, et implique que chacun prenne action pour faire connaître ses volontés.

Quoi faire ?

C’est très simple : discutez de la question et de vos volontés avec votre entourage! À votre décès, c’est à votre plus proche parent que l’on demandera si vous aviez consenti au don d’organes et de tissus. Cette personne parlera en votre nom, dans la mesure, évidemment, où elle connaît vos intentions, et son avis suppléera à votre défaut, le cas échéant, d’avoir signifié votre consentement par les voies plus « officielles ».

En effet, vous pouvez aussi signifier votre consentement en signant le formulaire de la Régie de l’assurance maladie du Québec, en signant l’autocollant et en l’apposant au dos de votre carte d’assurance maladie, ou en faisant inscrire votre consentement au Registre des consentements au don d’organes et de tissus de la Chambre des notaires du Québec. Pour le faire dès maintenant, cliquez ici.

La Fondation David Foster offre un soutien financier pour les dépenses non médicales encourues par les familles canadiennes d’enfants en attente d’une transplantation d’organes
et sensibilise la population générale à l’importance du consentement au don d’organes.

Si vous souhaitez vous impliquer, contactez Dominique Tardif à dtardif à zsa.ca.

Quelques statistiques :

En 2015, quelque 172 donneurs décédés ont permis à 549 personnes de bénéficier d'une transplantation au Québec.

Au Québec, plus d'un millier de personnes attendent cette précieuse intervention chirurgicale et, chaque année, des dizaines de personnes décèdent en attente d’un organe.

Un seul donneur peut procurer des organes à 8 personnes et des tissus à 20 autres personnes.

Il est possible d’être un donneur d’organe à tout âge.