Me Catherine Pilon est devenue la nouvelle directrice conformité du cabinet Norton Rose
Me Catherine Pilon est devenue la nouvelle directrice conformité du cabinet Norton Rose
Optimiste, c’est le mot qui décrit le mieux Me Catherine Pilon. Dans les bureaux de Norton Rose Fulbright, au 25e étage de la place Ville-Marie, d’où la vue est à couper le souffle, elle est désormais chez elle.

Après 20 ans au sein de Dentons, elle est devenue la nouvelle directrice conformité du cabinet Norton Rose. Me Pilon a pour mandat la gestion des ouvertures des dossiers en termes d’obligations. « Le contexte varie d’un Barreau à un autre, souligne-t-elle. Je fais le suivi et la gestion de nos systèmes et des problèmes qui peuvent résulter de nos obligations. » Firme internationale oblige, elle a également pour responsabilité la gestion des conflits d’intérêts.

Ce poste pivot, en amont dans le processus d’ouverture des dossiers, lui était comme dévolu. C’est elle qu’on est venu chercher pour le mener à bien alors qu’elle occupait des fonctions proches chez Dentons depuis deux ans, à titre d’avocate générale adjointe. Elle était auparavant membre du groupe Litiges et règlement des différends. « L’offre mettait en valeur les compétences que j’avais pu acquérir, estime-t-elle. Après 20 ans comme avocate en litige, on développe des réflexes de gestion du risque. »

Le litige, elle l’a notamment choisi faute de s’imaginer ailleurs. « Je n’avais pas d’avocat dans ma famille, rappelle-t-elle. Quand on n'est pas du milieu, on ne voit parfois que la Cour.» C’était également circonstanciel, le cabinet où elle fait alors ses débuts comme stagiaire faisant du litige en droit des assurances. Mais Me Pilon est satisfaite de son choix. « On évolue tellement, on change, on s’améliore… »

Un parcours en grand cabinet

Me Pilon renoue avec des priorités qu’elle a déjà connues, lorsqu’elle oeuvrait pour la communauté juridique en étant bâtonnière de Montréal.
Me Pilon renoue avec des priorités qu’elle a déjà connues, lorsqu’elle oeuvrait pour la communauté juridique en étant bâtonnière de Montréal.
Son parcours en grand cabinet, s’il a été affaire d’opportunité, lui convient tout à fait. « Il y a une belle collégialité et on bénéficie de multiples ressources, soutient Me Pilon. Il y a toujours un collègue qui est spécialisé dans un domaine et peut nous aider sur une question. »

Désormais au service des avocats, Me Pilon renoue avec des priorités qu’elle a déjà connues, lorsqu’elle oeuvrait pour la communauté juridique en étant bâtonnière de Montréal. De cette présidence, elle a gardé un sentiment de fierté quant à la profession. « Je crois qu’on doit être fiers de ce qu’on fait, du service que l’on apporte à la société. » Ayant rencontré des avocats d’horizons très divers dans le cadre de son mandat, elle estime qu’il y a « des juristes qui apportent beaucoup à la communauté, mais on n’en parle peu… On parle seulement des avocats lors de grands procès, la mauvaise nouvelle est un peu plus médiatique, disons. »

La vulgarisation juridique, l’accès à la justice pour les citoyens, sont des sujets qui lui tiennent à coeur. Elle co-présidera avec Denis Coderre, maire de Montréal, la prochaine soirée-bénéfice d’Éducaloi. Elle avoue d’ailleurs en souriant se connecter sur le site de l’organisation lorsqu’elle recherche certaines notions.

À regarder en arrière, elle se trouve « chanceuse ». Consciente d’avoir déjà une belle carrière, Me Pilon sourit en ajoutant qu’elle était « très heureuse chez Dentons » et reconnaît même qu’elle n’avait pas songé à changer avant qu’on vienne la chercher.

Technologie et éthique

Par dessus son épaule, elle mesure aussi le chemin parcouru dans la pratique. « La vraie évolution se situe au niveau de la technologie, s’amuse-t-elle. Seules les adjointes avaient un ordinateur quand j’ai débuté, et elles travaillaient sur WordPerfect. Aujourd’hui, l’accès à la technologie a notamment influencé la pratique en termes de rapidité. » Les ressources comme celles offertes par la bibliothèque sont désormais accessibles à tous les cabinets, y compris les plus petites structures.

Pour Me Pilon, l’éthique a également pris le pas sur le réseau. Le mode de fonctionnement du marché a effectivement changé, les grosses entreprises procédant désormais par appel d’offres. « Ce n’est plus accepté maintenant que tel avocat récupère le travail car il s’agit d’un bon ami, estime Me Pilon. Cette évolution a permis d’accéder à une manière beaucoup plus éthique de faire affaire. »

Une avocate reconnaissante

Quant à son statut de femme dans une pratique qui fut longtemps dominée par les hommes, Me Pilon se sent reconnaissante. « Les avocates de ma génération ont bénéficié du travail fait par les femmes de la génération précédente », estime-t-elle.

Aujourd’hui, elle voit la parité et la conciliation travail-famille comme un combat qui rejoint les hommes comme les femmes. « J’ai remarqué que la majorité de mes jeunes collègues - hommes - sont préoccupés par la conciliation, notamment, par la question des horaires, du temps pour la famille, etc., appuie-t-elle. La société change. »

Mais elle se veut rassurante. « J’ai déjà trouvé ça chronophage, oui, mais lorsqu’on devient senior, on a une meilleure maîtrise de son horaire… »