Me Gérard Guay s’apprête à s’envoler au Congrès international des notaires à Paris
Me Gérard Guay s’apprête à s’envoler au Congrès international des notaires à Paris
Cet article s’inscrit dans une série d’articles que Droit-inc consacre aux différents métiers du droit. Zoom sur les notaires.

Me Gérard Guay s’apprête à s’envoler au Congrès international des notaires à Paris lorsqu’il nous accorde cette entrevue. Le métier, que l’on est loin d’associer aux voyages, réserve pourtant son lot de surprises et de défis. Lesquels?

Droit-inc: Pourquoi avoir choisi cette profession au départ?

Me Gérard Guay: Je crois être un bon exemple pour vos lecteurs car avant d’être notaire, j’étais avocat et j’ai donc connu les deux professions. Je suis allé vers le notariat pour le côté consensuel, le côté « entente ». Un confrère plus âgé m’a dit un jour: « La différence entre les avocats et les notaires est que les avocats reçoivent des gens malheureux et les notaires des gens heureux. » C’est vrai : quand les gens font appel à nous pour une transaction immobilière, c’est pour un projet qui les rend heureux. Même dans une succession, malgré le chagrin, ils reçoivent un héritage! Je dirais que le travail et l’atmosphère sont plus sereins. Nous ne sommes pas du tout dans le litige et entretenons davantage une relation d’aide avec les clients. En 28 ans, je n’ai jamais regretté mon choix.

De quoi est fait le quotidien d’un notaire? Quels sont ses mandats?

Quand je n’étais pas président de la Chambre des notaires, avant mon élection en avril 2014, mon quotidien était fait de cours, de conférences, ce qui n’est pas le cas de tous les notaires. Ensuite, il y a beaucoup de consultations, de préparation de documentation, de rencontres avec les clients. On s’occupe de dossiers variés : en immobilier, en droit des personnes, il y a les testaments, les directives médicales anticipées. Un aspect moins connu est le droit des affaires, bien important dans plusieurs bureaux de notaires. Le notaire est alors le conseiller juridique des entreprises et s’occupe des aspects corporatifs et transactionnels des firmes. Mes spécialités, quant à moi, sont le droit des personnes inaptes, ça comprend les gens atteints d’Alzheimer, les mandats de protection, les enfants mineurs, ainsi que le droit des successions.

Quels défis la profession de notaire présente-t-elle?

Le grand défi est de pouvoir améliorer les services à la population, et également de faire évoluer la profession au niveau numérique et informatique. Une grande réflexion est présentement en cours. Nous pourrions nous inspirer de nos collègues français qui rédigent des actes de façon plus informatisée ou signent sur des tablettes .

Qu’est-ce qui vous rend heureux ou fier dans ce métier?

Quand on aide les gens. Par exemple, une personne accompagnés d’enfants mineurs vient vous voir après avoir perdu son conjoint. Vous suivez ensuite les enfants de l’âge de 4-5 ans jusqu’à leur majorité et conseillez la famille...J’ai aussi de beaux souvenirs de dossiers plus complexes qui nécessitent mon expertise et où il faut démêler les choses. C’est un travail minutieux. J’aime quand je réussis à aider les gens à traverser une épreuve ou à régler des problèmes qu’ils pensent insolubles.

Quels conseils donneriez-vous aux plus jeunes?

Je leur conseillerai de viser l’excellence, et ce n’est pas un cliché, le notaire doit être compétent, sortir des sentiers battus et bien conseiller les clients. Il a la confiance du public et il est très apprécié de la population. Avec cette confiance là, et en ciblant le besoin des clients, on peut accomplir de grandes choses!

Comment accéder à la profession de notaire?

Depuis l’automne 2014, il faut détenir un baccalauréat en droit et une maîtrise en droit notarial comprenant trois volets : les cours de droit notarial, les cours de droit notarial appliqué et le stage.

En complément, il faut également réussir le programme de formation professionnelle qui comprend les deux volets suivants : 15 journées de formation portant sur le droit professionnel et sur des domaines autres que juridiques liés à l’exercice de la profession de notaire; ainsi que deux évaluations distinctes : un examen écrit portant sur la matière des journées de formation et un cas pratique en droit professionnel qui consiste en la rédaction d’une opinion suivie d’une épreuve orale.