Me Brian Goldfinger
Me Brian Goldfinger
Plusieurs cabinets ontariens bafouent impunément les règles professionnelles quand ils font de la publicité. Un vrai far west publicitaire!

Les prétentions sont en effet nombreuses dans le monde juridique : surtout lorsqu'il s'agit de présenter ses services dans une campagne publicitaire.

Une enquête du quotidien Toronto Star révèle que plus d'une vingtaine de cabinets font des affirmations sans aucun fondement dans leurs publicités. Le quotidien a recensé une douzaine de cabinets affirmant qu'ils sont les « Numéro 1 » dans les réclamations pour blessures physiques. Et ce, rien que dans la région métropolitaine de Toronto.

Un avocat, Brian Goldfinger, affirme à grand coup de bannière sur son site web qu'il a été élu « premier cabinet pour les réclamations en Ontario », et « premier cabinet pour la satisfaction des clients ».

L'organisation responsable du « vote » des consommateurs est en fait un site web détenu par Biran Goldwater, rapporte le Star.

Un autre cabinet utilise le site web www.bestpersonalinjurylawyertoronto.com pour générer du trafic vers ses avocats. Une pratique prohibée par le Code de conduite du Barreau du Haut-Canada, qui interdit de « se vanter d’offrir des services de qualité supérieure aux autres avocats », et d' « élever les attentes de façon injustifiable ».

Plusieurs cabinets affirment également qu'ils ont remportés pour leurs clients « les dommages les plus élevés de l'industrie », sans pour autant expliquer comment ils arrivent à cette conclusion. Certains cabinets collectionnent les honneurs, selon leur site web : impossible cependant de découvrir comment et par qui ces honneurs ont été décernés.

Entre 2011 et 2015, 604 plaintes pour publicité abusive ou fausse représentation ont été logées au syndic du Barreau. Aucune sanction n'a été infligée.

Un comité a été mis sur pied l'an dernier par le Barreau pour se pencher sur la question, mais ses travaux sont toujours en cours.

L'ex-président de l'Association des plaideurs ontariens, Paul Harte, juge la situation actuelle outrancière. La publicité des services juridiques, c'est le « far-west » selon lui. Il déplore que le Barreau ne soit pas plus proactif sur la question : « La situation actuelle fait en sorte que c'est au public de dénoncer les pratiques peu scrupuleuses », permettant pendant ce temps aux avocats véreux de faire des déclarations sensationnelles ou mensongères. « C'est contraire à l'intérêt public », conclut-il.