Trop d’hommes blancs dans les hautes directions?
Trop d’hommes blancs dans les hautes directions?
Que des hommes blancs -ou presque- à la haute direction des firmes d’avocats. Il y a peu de diversité au sein des équipes de direction des cabinets, et cela va en empirant. La structure économique des cabinets, la rigidité des méthodes de facturation, le « boys club »… Autant de facteurs qui nuisent à la diversité au sein des équipes de direction des firmes d’avocats.

C’est du moins le constat posé par le Centre canadien sur la diversité et l’inclusion qui vient de compléter un vaste sondage, échelonné sur trois ans. Les résultats de l’étude compilent donc les réponses de plus de 8 000 avocats à travers le pays chaque année depuis 2014.

L’image change peu pendant ces trois années, sinon que le phénomène s’accentue : bon an, mal an, les membres des hautes directions des cabinets sont des hommes dans une proportion allant de 73 % en 2014 à 76 % en 2016. Et ils sont blancs dans une proportion qui était de 88 % en 2014, pour s’établir l’an dernier à 91 %...

Malgré les nombreux appels du pied fait par les barreaux dans toutes les provinces pour que la profession en fasse davantage pour rendre la salle du conseil de direction plus accessible aux femmes et aux minorités visibles, l’étude du CCDI, réalisée de concert avec l’Association du barreau canadien, révèle donc que la diversité a reculé depuis trois ans…

Plafond de verre et réseau déficient

Pourtant, tant les femmes que les minorités visibles sont surreprésentées dans les échelons les plus bas des cabinets, comme le démontrent les données relatives aux avocats, aux stagiaires et aux juniors, soutiennent les auteurs du rapport.

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cet état de fait : les structures de rémunération selon les heures facturables, notamment, feraient en sorte que les contraintes de conciliation travail-famille s’ajoutent au plafond de verre déjà existant.

En outre, les juristes issus des minorités visibles sont désavantagés, car ils n’ont pas accès au réseau permettant d’accéder au saint des saints : tant qu’il n’y aura pas de gens des minorités sur les conseils, les juniors n’auront pas de modèle chez qui chercher conseil, par exemple. Le boys club leur est encore fermé.

Autre constat, structurel celui-là : les cabinets subissent une pression à la baisse sur leurs revenus, réduisant d’autant les chances d’avancement pour les avocats « d’arrière-ban ».

Résultat : les femmes et les minorités quittent les cabinets pour l’entreprise privée.