Amir Khadir doit être en cour pour se défendre d'une action en diffamation
Amir Khadir doit être en cour pour se défendre d'une action en diffamation
M. Melançon, qui a aussi été collecteur de fonds pour le Parti québécois (PQ), a poursuivi le politicien en janvier 2014 pour une somme de 300 000 $.

Cette action en dommages pour propos diffamatoires découle de paroles tenues par le député lors de deux émissions de radio _ que M. Melançon n'a manifestement pas appréciés.

En septembre 2013, le député de QS a été invité à commenter l'actualité sur les ondes du 98,5 FM. L'animateur de l'émission voulait alors savoir ce que le défendeur pensait des propos tenus par le député de la Coalition avenir Québec Jacques Duchesneau au sujet de la prétendue consommation de stupéfiants d'André Boisclair, ancien chef du PQ.

À cette occasion, M. Khadir avait laissé entendre que M. Melançon organisait des cocktails de financement pour le PQ et qu'il donnait des "cours 101" de financement illégal. De plus, il associait le demandeur à un certain Tony Accurso, un homme d'affaires dont le nom a été cité à maintes reprises lors de la Commission Charbonneau. Toutes ces allégations sont rapportées dans un jugement de Claude Champagne de la Cour supérieure, après que M. Khadir eut tenté en 2015 de faire rejeter avant procès l'action en diffamation _ il n'a toutefois pas réussi.

Il y est aussi indiqué que le 21 novembre 2013, le député de QS a reconnu dans une lettre d'excuses que ses propos étaient imprécis et confus. Il les avait ainsi rétractés. La lettre en question fut par ailleurs signée dans le cadre d'une transaction entre les parties, peut-on lire dans la décision du juge Champagne, rendue le 17 juin 2015.

Toutefois, le défendeur a fait d'autres affirmations le 10 décembre 2013 lors de la même émission: il qualifiera alors le demandeur de "bag man" auprès du Parti québécois à la fin des années 1990, le décrivant aussi comme le principal argentier de ce parti politique pendant la même période, est-il rapporté par le juge Champagne. De là découle donc le recours en dommages de M. Melançon contre M. Khadir, indique le magistrat.

Lors de la demande en rejet d'action présentée par le député, on peut lire qu'il qualifie la poursuite en dommages de M. Melançon de "poursuite-bâillon", parce qu'il la juge mal fondée, abusive et estime qu'elle vise à le faire taire.

Le juge Champagne disait toutefois préférer la prudence et estimait alors qu'un procès au fonds permettrait de vérifier la validité des allégations de part et d'autre.

Le procès, prévu pour trois jours, doit se poursuivre jusqu'à vendredi au palais de justice de Montréal.