Jean Charest sous surveillance policière
Jean Charest sous surveillance policière
Jean Charest, associé au bureau de Montréal de McCarthy Tétrault, est dans la tourmente, puisque le Journal de Montréal a révélé qu’il a été surveillé par l’UPAC dans le cadre d’une enquête criminelle.

Cette enquête est relative à des soupçons de liens entre le financement politique et l’octroi de contrats publics.

Le cabinet McCarthy Tétrault était-il au courant de cette surveillance policière concernant un associé? Si oui, a-t-il pris des mesures spécifiques ? Les policiers avaient même envisagé, début 2016, d’intercepter les communications privées de Jean Charest et de Marc Bibeau., l’ex grand argentier du PLQ impliqué dans toute cette affaire. Le Journal ignore si cela a été fait.

Le cabinet compte-t-il déposer une plainte au syndic ? Et que compte faire maintenant McCarthy Tétrault avec un associé sous surveillance policière ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le cabinet n’avait pas encore retourné nos demandes d’entrevue.

Le rôle de Charest reste flou

Line Beauchamp, Violette Trépanier et une trentaine d’autres personnes auraient aussi été sous le coup de cette surveillance.

Parmi les informations collectés par les enquêteurs: la liste des passages aux douanes canadiennes depuis 2003, les informations familiales et bancaires personnelles, ainsi que des renseignements sur le passeport.

Cette large enquête de l’UPAC avait entre autre permis d’arrêter l’ex vice-première ministre Nathalie Normandeau et six autres personnes l'an dernier.

Pour la police, il s’agit de déterminer si des firmes de génie et de construction auraient fourni des contributions politiques illégales en retour de l'octroi de contrats gouvernementaux et de subventions, sous le gouvernement libéral, entre 2003 et 2012.

Si l’implication de Marc Bibeau a maintes fois été soulevée dans les médias, le rôle de Jean Charest est plus flou. Plusieurs témoins auraient en tout cas assuré que des liens étroits existent entre les deux hommes.

En 2014, Radio-Canada avait révélé que la police portait une attention particulière à l’avocat pour une activité de financement sectoriel avant 2003. Jean Charest avait alors nié toute implication dans une forme illégale de financement politique.

Diplômé en droit de l’Université de Sherbrooke en 1980 et membre du Barreau depuis 1981, Jean Charest a été premier ministre du Québec de 2003 à 2012.