En Israël, un juge a statué récemment que les emojis pouvaient transmettre une intention. Le cas impliquait un propriétaire qui prétendait s’être fié sur une chaîne d’émojis pour interpréter les intentions de son locateur. Plus précisément, il s’agissait de ces émoticônes:

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Les émojis débarquent en cour!
Les émojis débarquent en cour!
Sans entrer dans le détail de cette cause, l’éditeur Joe Patrice,sur le site Abovethelaw, estime qu’il s’agit d’un tournant. Pour le co-animateur du podcast « Thinking like a lawyer », c’est une question de temps avant qu’une cause judiciaire américaine ne s’appuie sur une interprétation d’émoticônes.

En fait, il y a déjà des précédents, note Joe Patrice. « Depuis 2015, nous commençons à voir les tribunaux américains traités, du moins partiellement, avec les émoticônes.»

Ainsi, une juge américaine, Katherine Forrest, a statué récemment dans une cause que « le jury devrait noter la ponctuation et les émoticônes » dans la preuve apportée. Et dans un cas actuellement en instance devant la Cour suprême des États-Unis, Anthony Elonis, un homme de Pennsylvanie condamné pour avoir envoyé des messages menaçants à son ex-femme, sur Facebook, a affirmé que le fait d’avoir attaché des « smiley » aux-dits messages signifiait qu’il s’agissait d’une «plaisanterie».

Les émoticônes sont devenus des « piliers de la communication », écrit Joe Patrice. « Il y a une raison pour laquelle le dictionnaire Oxford a nommé un emoji, celui qui représente un bonhomme sourire qui rit aux larmes, le 'Mot de l'année 2015'». Il conseille aux avocats de s’y mettre rapidement et de ne pas résister à leur déferlante, car « ils peuvent avoir un impact sur vos clients ».

« Si vous voulez vous entraîner à les utiliser, commencez par envoyer cinq aubergines à un avocat adverse. Cela signifie: "avec le plus grand respect..." Sans blague! »