Jonathan Beaulieu-Bourgault
Jonathan Beaulieu-Bourgault
Jonathan Beaulieu-Bourgault aura longtemps foulé la pelouse avant de hanter les tribunaux. En effet, après une carrière en Allemagne en tant que joueur professionnel de soccer, au sein de la Bundesliga 2, le blond jeune homme de 28 ans va terminer son baccalauréat à l’Université de Montréal, en septembre, et fera l’école du Barreau à l’hiver.

C’est à l’âge de 24 ans qu’il a décidé de quitter les terrains de foot pour se bâtir une nouvelle carrière. Il venait de passer sept ans sur les terrains allemands.

« Je trouve que c’est difficile de prendre des décisions pour son avenir professionnel lorsqu’on a seulement 24 ans. J’ai pensé que le droit allait en tout cas m’ouvrir pas mal de portes », dit le jeune homme.

À l’époque, reprendre des études n’est pas facile pour lui. Pourtant, cela lui semblait nécessaire. « J’étais partie en Europe sans diplôme universitaire, alors c’était important pour moi d’en obtenir un ».


Petit prodige du ballon rond

Jonathan n’a pas encore fini son cours secondaire lorsqu’il quitte le Québec pour l’Allemagne. Petit prodige du ballon rond dans son premier club à Pierrefonds, il joue ensuite pour les Lakers du Lac Saint-Louis et entre au Centre national de haute performance, le programme de sport-études de la Fédération de soccer du Québec. Alors qu’il voyage partout dans le monde, un agent -qui est aussi avocat- l’approche et lui propose d’intégrer un club belge ou français.

Finalement, ce sera le FC St Pauli, à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne. « C’était un peu compliqué pour obtenir un visa en France ou en Belgique », se souvient-il.

Le Québec derrière lui, loin de ses parents qui lui manquent évidemment, le jeune Jonathan, qui a à peine 17 ans, se retrouve dans un pays à la langue plus qu’inconnue pour lui. « Dans la chambre, j’avais mon petit dictionnaire, j’ai appris sur le tas. C’était important pour moi d’essayer de m’intégrer rapidement. Les joueurs aussi m’ont beaucoup aidé », raconte-t-il aujourd’hui, avec encore un léger accent allemand.

Il reste cinq ans dans ce club avant de partir à Münster, près de Düsseldorf, toujours en Allemagne. Mais à 24 ans, l’heure des choix déterminants pour le futur se fait sentir. Et même si le foot « fait partie » de lui, et qu’il s’est toujours imaginé comme joueur professionnel, Jonathan sait que ça ne dure pas toute la vie. Il faut toujours penser au jour où sa carrière est finie, ou si on se blesse… », dit-il avec un brin de sagesse.


Un jeune homme discret

Passer d’un environnement où les jeunes joueurs sont très encadrés, couvés, et où tout leur est pratiquement servi sur un plateau, à « la vraie vie », n’a pas été facile tout de suite, mais le jeune homme s’est rapidement adapté. Car tout au long de sa carrière, il a su garder les pieds sur terre.

« C’est sûr, on a eu la belle vie, en un coup de téléphone, tous nos problèmes se réglaient. Je suis conscient de la chance que j’ai eu et je suis très reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont entouré et accompagné. Mais il faut savoir rester humble et respectueux », dit-il.

À l’Université, il tient en tout cas à rester discret et ne s’affiche pas comme l’ancien joueur professionnel parti faire carrière en Bundesliga. « Il n’y a que mes amis qui le savent... ».

Depuis son retour, Jonathan n’a pas entièrement raccroché son maillot, puisqu’il a d’abord joué pour les Carabins et s’entraîne désormais dans le club Montréal City FC.

Après avoir été analyste à RDS, il l’est aujourd’hui à TVA Sports et débriefe sur les matchs de l’Impact de Montréal lorsque l’équipe joue à Montréal.

Sûr que son passé sportif ne restera pas secret bien longtemps...