Manlio Del Negro
Manlio Del Negro
Au total, le nouveau juge de la Cour du Québec Manlio Del Negro a fait plus de 45 prêts privés totalisant près de 9,5 millions de dollars dans les dernières années, écrit le Journal de Montréal. Les taux d’intérêts de ces prêts variaient de 5 à 24%.

Or, s’il semble avoir cessé cette activité lorsqu’il a accédé à la magistrature, on lui doit toujours de l’argent dans quatre dossiers, où ses garanties hypothécaires s’élèvent à 800 000 $. Du temps qu’il était avocat, M. le juge Del Negro faisait des prêts soit personnellement, soit par le biais de sa société d’investissement privée ou encore via sa fiducie familiale, partagée avec sa femme.

Le juge Del Negro a exercé le droit criminel et pénal au sein du cabinet qu’il a fondé en 1989, Del Negro Polnicky Perron, avocats, devenu Del Negro et Associés. Il est détenteur d'un baccalauréat en droit de l'Université de Sherbrooke et a été admis au Barreau en 1984.


Réaction de la Cour du Québec

Dans un communiqué, la Cour du Québec a réagi promptement à ces nouvelles dans les termes suivants : « les activités commerciales du juge Del Negro évoquées alors qu’il était avocat ne le rendaient pas inéligible à la fonction de juge. L’exigence légale est plutôt que l’avocat nommé juge cesse toute activité incompatible avec sa nouvelle fonction. Or, c’est ce qu’il fait. En effet, le juge Del Negro, qui a appris sa nomination le 27 mars dernier, a révélé sa situation dès sa première rencontre avec la juge en chef et lui a confirmé son engagement à faire rapidement les démarches pour se retirer de ses activités commerciales et ainsi respecter les exigences de la fonction de juge. Consciente qu’il faut accorder un certain délai à chaque nouveau juge pour faire les démarches nécessaires à la transition entre sa situation antérieure et ses nouvelles fonctions, la Cour est satisfaite de celles entreprises par le juge Del Negro. »

De même, la cour réaffirme la rigueur du processus de sélection et réitère que celui-ci a été suivi concernant le juge Del Negro.

Quant à la ministre provinciale de la Justice, Me Stéphanie Vallée, elle refuse de commenter l’affaire, indique TVA Nouvelles. De son côté, le chef de la Coalition Avenir Québec François Legault a demandé à ce qu’une enquête détermine si ces activités sont compatibles avec celles d’un juge.