Me Stéphanie Valois
Me Stéphanie Valois
Lorsqu’elle a découvert le droit des réfugiés, Me Stéphanie Valois est tout de suite tombé dedans. «J’aime le domaine parce que ça permet de croiser de voir la science politique, de suivre l’actualité et d’entrer en contact avec d’autres cultures», dit celle qui vient de se voir décerner le mérite Obiter Dictum, remis par l’Association québécoise des avocates et avocats en droit de l’immigration (AQAADI).

Ce prix est remis à un juriste membre de l’AQAADI qui s’est démarqué par son engagement bénévole, son travail remarquable, son dévouement exceptionnel et sa contribution à l’avancement du droit de l’immigration et au rayonnement national de l’Association.

Droit-inc a parlé à la récipiendaire de cette année.


Vous attendiez-vous à recevoir ce prix?

Pas du tout! C’est une surprise complète, mais je suis ravie d’avoir remporté cette récompense.


Qu’est-ce qui vous a valu ce mérite, selon vous?

Je me suis particulièrement impliquée au nom de l’AQAADI et de l’Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés. Je représentais l’AQAADI dans des consultations, au niveau de la procédure devant le tribunal et en matière de défense des réfugiés. J’ai également organisé des formations et des conférences auxquelles j’ai participé, en intervenant au sujet de la Section d’appel des réfugiés (SAR), créée en 2012.


Parlez-moi de votre pratique...

Je représente des demandeurs d’asile, depuis leur demande initiale à l’Agence des services frontaliers canadiens, devant la SAR et enfin devant les tribunaux, en contrôle judiciaire, si nécessaire.


Vous avez été impliquée très récemment dans l’affaire Singh. En quoi est-ce que ça consistait?

Il s’agissait d’une demande d’asile, dont le principal intéressé était un citoyen indien. Il disait avoir été détenu et torturé pendant plusieurs mois en Inde. La Section de la protection des réfugiés (SPR) et la SAR avaient toutes deux refusé sa demande. La question présentée à la Cour fédérale en était une d’interprétation particulière concernant la SAR. On débattait de l’interprétation d’un article; il s’agissait de savoir si une nouvelle preuve (ici, un diplôme scolaire) non présentée en première instance à la SPR pouvait être présentée à la SAR. Mais la Cour d’appel fédérale nous a finalement donné tort…au fond, ce ne sont pas tous les documents qui peuvent donner ouverture à une nouvelle preuve.


Est-ce que les choses ont changé avec l’arrivée des réfugiés syriens?

Pas vraiment. Les demandeurs d’asile syriens passent par un processus de parrainage étranger, depuis les ambassades…c’est donc une toute autre manière de faire. Ça n’affecte donc pas ma pratique en tant que tel.


Quel est le plus grand enjeu en matière de droit des réfugiés présentement?

Les tarifs d’Aide juridique, très certainement. Ceux-ci sont très bas alors que nous avons souvent à traiter de cas particuliers, longs et compliqués. Même si on a haussé le seuil d’admissibilité, ça n’affecte pas vraiment mes clients, puisque ceux-ci sont généralement admissibles à l’Aide juridique de toute façon. Par contre, les avocats dans ce domaine reçoivent une bouchée de pain en considération des dossiers souvent complexes qu’ils ont à gérer...


Pourquoi avoir choisi le droit de l’immigration?

J’ai d’abord pratiqué dans d’autres domaines, qui ne m’ont pas vraiment plu…j’ai découvert par la suite que le droit des réfugiés existait! J’aime le domaine parce que ça permet de croiser de voir la science politique, de suivre l’actualité et d’entrer en contact avec d’autres cultures. Par ailleurs, c’est un milieu en constante évolution!