Me Myriam Raymond-Jetté
Me Myriam Raymond-Jetté
Elle avait ça dans le sang... Dès son plus jeune âge, Myriam Raymond-Jetté voulait s’impliquer pour faire avancer les droits de la personne, en plus d’être entourée de parents professeurs et globe-trotteurs qui lui ont rapidement donné le goût du voyage.

Inspirée par de nombreuses personnalités juridiques canadiennes connues sur la scène internationale comme l’honorable Louise Arbour, sa voie était toute tracée.

Après avoir passé trois ans et demi en République démocratique du Congo (RDC), à Goma, elle part pour un nouveau mandat en Côte d’Ivoire, avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle y sera conseillère juridique pour l’Afrique de l’Ouest.


Pas pour tout le monde

Originaire de Saint-Lambert, la jeune femme obtient son diplôme de droit de l’Université de Montréal en 2010. Passionnée par le droit international, elle prend soin de s’inscrire à tous les cours optionnels qui s’y rattachent.

En 2011, après son Barreau, elle part en stage au CICR à Genève, loin des grands cabinets.

Elle fait ensuite un deuxième cycle en droit international public, spécialisé en paix, justice et développement, à l’Université de Leiden aux Pays-Bas. Le tribunal pénal international de La Haye n’est d’ailleurs pas loin. Il ne lui restait qu’un pas pour faire du droit sur « le terrain ».

« Ce n’est pas pour tout le monde, c’est sûr, mais c’est ce que je voulais faire, et je ne regrette pas mes choix », affirme-t-elle.

C’est là qu’elle décide donc de rejoindre l’International center for transitional justice (ICTJ), en République démocratique du Congo.


Un continent qui l’inspire

L’Afrique, elle la connaît plutôt bien, puisqu’à 18 ans, elle avait déjà foulé le sol ghanéen avec l’organisme Avocats canadiens à l’étranger. Ce continent l’inspire et c’est là qu’elle s’y sent bien. Et malgré les tensions politiques de la RDC, Me Raymond-Jetté s’y est toujours sentie en sécurité : « les expatriés ne sont pas vraiment visés là-bas, je n’ai jamais eu peur », raconte-t-elle.

L’avocate de 30 ans décrit d’ailleurs un pays aux charmes incroyables et raconte avec plaisir son ascension du volcan Nyiragongo. Une « sérénité et un calme » se dégagent des paysages congolais, qui tranchent avec les horreurs qui s’y déroulent parfois.

Me Raymond-Jetté a choisi de travailler sur le terrain plutôt que dans un bureau du centre-ville...
Me Raymond-Jetté a choisi de travailler sur le terrain plutôt que dans un bureau du centre-ville...
Là-bas, au sein de l’ICTJ, elle a apporté un soutien technique à la justice congolaise et faciliter l’élaboration de stratégies pour assurer un partage d’informations entre tous les acteurs impliqués dans la justice transitionnelle.

« La raison pour laquelle notre mission en RDC a porté ses fruits est qu'elle a été faite en partenariat étroit avec la magistrature. Nous avons pris soin de comprendre ses défis, ses obstacles auxquelles elle doit faire face dans ce climat politique instable. La consultation a été primordiale et toutes nos initiatives ont été conceptualisées en collaboration. Dans ce genre de mission, les réunions bilatérales sont la partie la plus importante du travail. »

Car ce que veut à tout prix éviter Me Raymond-Jetté, c’est bien de donner l’image de l’Occidentale salvatrice et plutôt mettre l’accent sur la magistrature congolaise qui a réussi à se réapproprier l’initiation des poursuites.

« Le but final est de pouvoir démanteler les réseaux qui commettent des crimes », ajoute la jeune avocate.

Lorsqu’elle parle de sa profession qu’elle « aime énormément », Myriam Raymond Jetté ne cache pas la passion qui l’anime. Loin des futurs avocats en droit des affaires ou associés d’un grand cabinet, la jeune femme rêve encore de nouveaux horizons où elle pourra faire quelque chose pour les droits de la personne.

Aujourd’hui, elle se prépare à prendre le poste qu’elle convoitait alors qu’elle n’était qu’en stage au CICR. Il va lui permettre de voir différents systèmes judiciaires puisqu’elle va participer à la mise en œuvre du droit international humanitaire dans 16 pays.