Omar Khadr
Omar Khadr
C’est ce qu’a affirmé le premier ministre Justin Trudeau, jeudi, dans l’affaire du règlement avec Omar Khadr.

« Je partage les préoccupations des Canadiens par rapport à l'argent, mais c'est pour ça qu'on a réglé, a-t-il répondu. C'était clair que si on poursuivait, non seulement on allait perdre, mais ça allait coûter au Canada, selon certains, 30 à 40 millions de dollars. »

Omar Khadr a reçu 10,5 millions $ d'Ottawa la semaine dernière et des excuses officielles de la part du gouvernement canadien qui a reconnu sans ambiguïté que les droits de cet ancien détenu de la prison américaine de Guantanamo ont été bafoués.

Ce règlement, critiqué par les conservateurs, est loin de faire l'unanimité dans la population. Selon un récent sondage de la firme Angus Reid, plus de 70 pour cent des Canadiens estiment que le gouvernement a pris la mauvaise décision.

Justin Trudeau
Justin Trudeau
« Être une société de droit, ça ne veut pas seulement dire défendre les droits fondamentaux quand c'est facile ou que c'est populaire, mais les défendre quand c'est difficile et c'est impopulaire, a martelé Justin Trudeau. C'est ça une société juste. Alors, j'espère que les futurs gouvernements vont avoir appris qu'on ne peut pas malmener, ignorer, retirer les droits fondamentaux à quiconque dans ce pays. C'est ça la leçon qu'on doit tirer de cette situation fâcheuse », a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, la Cour supérieure de l'Ontario a rejeté la demande d'injonction présentée par la veuve d'un soldat américain, qui voulait faire geler au plus tôt les avoirs d'Omar Khadr.

Tabitha Speer souhaite qu'un jugement prononcé en Utah il y a deux ans soit appliqué au Canada. Ce jugement ordonne à Omar Khadr de verser une compensation de 134 millions $ US à Mme Speer et à un autre soldat blessé en Afghanistan en 2002.

Le sergent Chris Speer avait été tué lors d'une opération au cours de laquelle le jeune Omar Khadr, alors âgé de 15 ans, avait été blessé puis arrêté avant d'être emprisonné et torturé à Guantanamo pendant des années pour crimes de guerre.