Question:

J’ai deux années d’expérience: mon stage de 6 mois et une autre année et demi. Mon poste a été coupé et je vous ai fait parvenir ma candidature. Vous m’avez répondu que vous aviez rarement des mandats pour des postes de moins de 3 années d’expérience, mais que vous gardiez ma candidature dans votre banque de données au cas où ça arriverait. Mais pourquoi n’y a-t-il pas de poste pour les moins de 3 ans ?

Réponse:

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Je n’ai pas dis qu’il n’y avait pas de poste, je vous ai mentionné que, à titre de recruteur, on me confie rarement des mandats pour combler des postes très juniors. Nous répondons systématiquement cela parce que c’est la vérité et nous voulons nous assurer de ne pas créer de fausses attentes chez nos candidats.

Par contre, ce n’est pas parce que je n’ai pas de mandat de ce type qu’il n’y pas de possibilité d’emploi. À titre de recruteur, les entreprises et cabinets font habituellement appel à nos services pour aller chercher la perle rare par des démarches de recrutement proactives (cold call, réseaux de contacts, etc…) Ces méthodes nous permettent de présenter à nos clients des candidats qui ne sont pas en recherche active et qui ne postuleraient pas sur un poste suite à l’affichage de celui-ci.

Vous comprendrez qu’ils n’ont pas besoin de faire appel à nos services, et par conséquent payer nos honoraires, dans le cas d’un poste junior pour lequel un simple affichage générera une grande quantité de candidatures.

Il y a bien sur des clients vont nous confier un mandat parce qu’ils n’ont pas le temps de faire le tri des CV reçu ou encore parce qu’ils ne détiennent pas l’expertise dans l’analyse des candidatures lors d’entrevues. Mais encore là, c’est rarement le cas pour des moins de 3 ans.

Voilà pour ma réponse quasi automatique aux candidats de moins de 3 ans et, je me répète, elle ne dit pas qu’il n’y pas de poste. C’est plutôt que les postes disponibles sont rarement confiés à des recruteurs externes mais plutôt pris en charge par le département des ressources humaines de l’entreprise ou du cabinet concerné.
Je conviens que ma réponse pourrait amener une certaine confusion. Par conséquent, je vais inviter à l’avenir mes candidats juniors, comme je le fais maintenant pour vous, à surveiller les affichages sur les différents sites spécialisés, se tenir à l’affût d’information circulant dans le milieu juridique et surtout, être proactif dans leurs démarches afin de maximiser leurs chances de trouver un emploi.

Lesdites chances sont-elles bonne ? Je réponds sans hésiter oui, mais il faut faire preuve de persévérance. À titre d’exemple, il y a un adage qui dit qu’il faut en moyenne envoyer 10 CV pour obtenir une entrevue et faire 10 entrevues pour obtenir un emploi. Je ne sais pas si c’est vrai, mais si vous faites le compte, ça fait une moyenne de 100 CV. C’est la raison pour laquelle se chercher un emploi est en soi un emploi à temps plein.

En plus, comme je le mentionne souvent, il ne suffit pas de faire un envoi de masse par courriel avec 100 adresses pour considérer que le travail est fait. Il faut faire un envoi ciblé avec une lettre d’introduction personnalisée à l’employeur et ce, tant dans l’adresse que dans le corps du message. Par la suite, il pourra être utile de faire un suivi afin de vous assurer de la réception de votre candidature et faire savoir que votre intérêt est toujours présent.

Pas de succès ? Après 3 mois, recommencez à téléphoner pour faire un suivi de votre candidature tout en restant à l’affût des nouveaux postes affichés. Il n’y a pas de secret, si vous n’avez pas un profil particulier qui vous permet de vous démarquer par votre CV, il faut le faire autrement. Et beaucoup d’employeurs pourraient être intrigués par autant de persévérance.

Dernier point : Vous avez peur d’être achalant ou de déranger ? Vous jouez votre carrière et votre avenir. C’est vous qui savez si ça vaut la peine d’écraser quelques orteils pour faire votre place. Si vous jugez déjà que votre carrière n’en vaut pas la peine, il n’y a pas de doute que ce sera le cas.

Allez du courage et je vous souhaite, à vous et à tous ceux qui sont dans cette inconfortable position, la meilleure des chances.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.