Julien Grenier et son Prix Paris-Montréal de la francophonie
Julien Grenier et son Prix Paris-Montréal de la francophonie
Me Julien Grenier a remporté la 14e édition du Prix Paris-Montréal de la francophonie le 6 septembre. Ce concours de plaidoirie rassemble quatre Barreaux : celui du Canada (Québec), de France, de Belgique et de Suisse.

La question sur laquelle il a eu environ trois mois pour plancher était : « Le temps fait-il des sages ou des vieillards? ». En cinq minutes, il a dû convaincre un jury composé de Marie-Josée Hogue, juge à la Cour d’appel du Québec, Sophia Rossi, présidente du JBM, Gabriel Dumenil, 5e secrétaire de la Conférence des avocats du Barreau de Paris et Marie-Ange Cochard, 1ère secrétaire de la Conférence du Jeune Barreau de Toulouse et Audrey Létourneau, présidente du Jeune Barreau de Québec.

Me Grenier, 30 ans, pratique au sein du cabinet Lapointe Rosenstein Marchand Melançon, dans le groupe de litige civil et commercial. Ce Barreau 2014, originaire de la Rive Sud de Montréal et diplômé en droit de l’Université McGill, a choisi le droit justement par passion pour la joute oratoire. « La plaidoirie est une passion. Déjà à l’université je faisais des concours. Cela me procure une sensation d’adrénaline. J’aime m’exprimer devant une foule qui veut se laisser convaincre », dit-il.

Une passion qui ne lui a pourtant pas été transmise par sa famille, qui ne compte aucun avocat.

C’est d’ailleurs parce qu’il avait remporté le Prix orateur organisé par le Jeune Barreau de Montréal qu’il a eu son passeport pour participer au Prix Paris-Montréal. Il pourra également tenter sa chance pour un concours international qui aura lieu en Haïti, en décembre, s’il réussit à passer les épreuves de présélection.

Devient-on nécessairement sage en vieillissant ?

Mais pour le moment, Me Grenier savoure sa victoire toute fraîche. Le sujet présenté l’avait grandement inspiré lorsqu’il l’a reçu. « Nous avions le choix entre prendre le partie des sages ou des vieillards. Je me suis décidé en juillet seulement », raconte Me Grenier.

C’est ainsi qu’il a choisi les vieillards. « Ça me paraissait la position la plus audacieuse à défendre et souvent, le défi dans ce genre de concours, c’est de nous dépasser », dit-il.

Devant les membres du jury, Me Grenier a avancé que la vieillesse est une fatalité, ce qui n’est pas forcément le cas de la sagesse. « Vieillir est quelque chose d’inéluctable, c’était ce côté logique que j’ai d’abord voulu mettre en avant. Ensuite, on peut être un jeune et être sage, la sagesse n’a pas toujours de lien avec le temps qui passe », explique-t-il.

Sa réflexion a en tout cas plu au jury. « C’est une belle satisfaction, de recevoir une reconnaissance de la part de gens qui ont une certaine autorité. C’est valorisant de savoir que nos paires reconnaissent les talents des plaideurs », explique le jeune avocat.

Il compte bien continuer à participer à des événements du genre, même si leur préparation lui prend du temps. « C’est un hobby pour moi et l’investissement en vaut la chandelle. Quand on prend du temps pour faire ce qu’on aime, on le regrette rarement », conclut-il, avant de dédier une partie de sa victoire à ses collègues de bureaux.