Alexandre Lussier
Alexandre Lussier
Alexandre Lussier ne se réclame d’aucun parti politique. Pour lui, Denis Coderre est trop centraliste et Valérie Plante, trop à gauche. Il a donc décidé de proposer une troisième voie aux résidents d’Outremont, celle des « Outremontais d’abord » pour prendre le relai de l’actuelle mairesse, Marie Cinq-Mars, elle aussi indépendante.

Marie Cinq-Mars
Marie Cinq-Mars
Détenteur d’un bac en droit obtenu à l’Université de Montréal en 1997, Me Lussier a d’abord décidé de prendre une année sabbatique pour « planter des arbres en Colombie-Britannique et travailler à Londres comme présentateur de films Imax », avant de passer son Barreau. Il l’obtient en 1999. Après avoir travaillé en cabinet, puis en entreprise jusqu’en 2010, il se lance à son compte avec un confrère, Robert Archambault.

Avec l’actuelle campagne à la mairie, l’avocat de 42 ans, originaire de Rosemère, a décidé de mettre fin à son partenariat avec Me Archambault tout en continuant de servir ses clients, pour se consacrer pleinement à la politique.

D’où tenez-vous votre intérêt pour la politique ?

J’ai fait mon stage chez Adessky Poulin où l’un des associés, Me Irving Adessky, était maire de Hampstead. Il a dû, inconsciemment, m’influencer. Mais plus récemment, en 2013, il y a eu à Outremont un projet de développement immobilier qui menaçait l’existence d’une lisière de 45 arbres. Avec d’autres citoyens, j’ai entamé une démarche de sensibilisation auprès de la mairesse. Je suis également impliqué dans plusieurs comités dont le Comité consultatif d’urbanisme depuis 2014.

Je pense pouvoir apporter quelque chose d’important et être maire me semble la seule option viable pour présenter les spécificités d’Outremont là où ça compte vraiment, à savoir à la ville-centre.

Vous vous présentez sans aucune étiquette, pourquoi?

Aucun des deux gros partis ne m’intéresse. Denis Coderre veut concentrer tous les pouvoirs à la ville-centre et de l’autre côté, Valérie Plante propose une vision très, très à gauche pour satisfaire tout le monde.

Où vous situez-vous alors ?

Je suis au milieu de tout ça, car j’aime pouvoir garder la liberté de me rallier aux projets quand ils sont bons ou m’y opposer lorsqu’ils sont mauvais. Quand on est indépendant, on ne suit aucune ligne de parti.

Comment faites-vous pour mener une campagne sans la grosse machine qu’il y a derrière les deux candidats principaux ?

C’est sûr que c’est un défi, car ça implique beaucoup d’organisation. J’ai une équipe de bénévoles qui m’appuie dans la campagne, même si je n’ai pas de parti, je ne suis pas seul.

Sur quoi s’axe votre programme ?

Je propose trois axes : la gouvernance de proximité pour s’opposer à la centralisation des pouvoirs et protéger les services de proximité, redynamiser les artères commerciales et ouvrir davantage Outremont aux visiteurs de l’extérieur et aux touristes. Il n’y a pas de bars ni d’hôtels à Outremont, car les règlements de zonage l’interdisent. Je propose donc de les changer. Avec la création du campus MIL (un complexe comprenant de nouveaux locaux pour l’Université de Montréal ainsi que 1300 logements résidentiels, NDLR), il va y avoir plein d’étudiants, ça pourrait les intéresser d’avoir des bars où sortir boire un verre. Je souhaite aussi enrichir Outremont d’installations sportives en partenariat avec les écoles de l’arrondissement

Il y a un an, un référendum a interdit l’ouverture de nouveaux lieux de cultes sur l’avenue Bernard. Dans votre programme, vous proposez de respecter le vote référendaire, c’est-à dire ?

Projet Montréal laisse entendre qu’ils vont permettre des lieux de culte au deuxième et troisième étage de l’avenue Bernard et à l’arrière de bâtiments. Moi je m’engage à respecter le résultat du référendum où 56% des voies ont demandé l’interdiction de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard. Il y a d’autres zones qui peuvent être ouvertes pour cet usage que les avenues commerciales.

Vous voulez encourager le commerce local, comment ?

Par exemple, la bibliothèque pourrait acheter ses livres aux libraires de l’arrondissement et ça ne coûterait pas beaucoup plus cher. On pourrait pousser à la baisse des taxes à la ville-centre.

Sur le papier, votre programme ne semble pas contenir de gros projets, manque-t-il d’ambition?

Non, car ce n’est pas à l’arrondissement de lancer de gros projets comme une ligne métro, ni de créer les projets pour les particuliers. Les gros projets qui viennent sont institutionnels à Outremont comme le campus MIL. Mon but n’est pas d’augmenter les taxes pour financer des projets.

Dans quelle mesure le droit vous aide dans la campagne ?

Le droit me donne la rigueur qu’un mandat politique nécessite, notamment dans les réponses que j’apporte aux gens. Il me sert aussi à établir une structure logique dans ce qui est présenté.

Si vous êtes élu maire, continuerez-vous à pratiquer et servir vos clients ?

Oui, c’est possible, mais il faudra faire des réaménagements.