#MeToo, dit une adjointe juridique
#MeToo, dit une adjointe juridique
Dans un courriel envoyé à Droit-inc, une adjointe témoigne de ce qu’elle a vécu alors qu’elle était à l’emploi d’un petit cabinet d’avocats. Voici son témoignage.

Bonjour,

Ce message fait suite à votre appel à témoignage concernant des cas de harcèlement sexuel dans le milieu juridique. Je souhaite rester anonyme.

J’ai travaillé pendant quelques années dans un cabinet boutique en propriété intellectuelle à Montréal. Un des associés est un véritable obsédé sexuel. Il fait constamment des remarques déplacées et des blagues grivoises. Personne n’ose le remettre à sa place du fait de sa position. Il déshabille les femmes du regard et fait des commentaires sur leur tenue et leur physique. Depuis qu’il pratique il a eu de nombreuses assistantes car elles finissent toutes par démissionner ou se faire renvoyer.

Dans certains cas, malheureusement le mien, il a été plus loin. Un jour où je me trouvais seule avec lui il m’a agrippé les fesses. Je l’ai repoussé immédiatement et il a prétendu qu’il avait eu un geste maladroit, que sa main avait glissé. Le jour suivant il a tenté de plaisanter de la situation, me disant, un sourire aux lèvres, que la porte de son bureau m’était grande ouverte si j’avais besoin de quoi que ce soit, notamment parler de situations de harcèlement sexuel. Puis il s’est mis à rire et est parti. Je l’ai suivi dans son bureau puis lui ai dit que cela ne me faisait pas rire du tout et que si jamais il recommençait il y aurait des conséquences.

#Moiaussi
Vous avez vécu du harcèlement sexuel au travail? Écrivez-nous en toute confidentialité à: Moiaussi à droit-inc.com


En larmes et choquée par cet événement, je me suis confiée à un collègue. Quelques mois plus tard j’ai quitté ce cabinet. Je ne sais pas si le collègue à qui je me suis confiée a parlé ou si c’est mon harceleur qui a voulu se protéger. Toujours est-il que, peu de temps après mon départ, j’ai reçu une lettre du cabinet, me menaçant de poursuites si je n’arrêtais pas mes « commérages ».

Je souhaite témoigner car cet événement m’a profondément choquée et j’y pense encore aujourd’hui. Je ne l’ai pas dénoncé à l’époque et je le regrette amèrement aujourd’hui. Il m’aurait été difficile de porter plainte car je n’avais pas vraiment de preuve, à part le témoignage de mon collègue, et surtout j’étais gênée. Mais avec le recul je me dis que j’aurais dû essayer d’en parler à la direction. J’ai appris qu’il y avait eu d’autres cas semblables au mien mais personne ne dit rien, ne fait rien.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

#Moiaussi

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