Jean-Christophe Martel se joint à l’équipe de Norton Rose Fulbright
Jean-Christophe Martel se joint à l’équipe de Norton Rose Fulbright
Me Jean-Christophe Martel avait le goût de revenir au Canada. Après avoir travaillé pendant environ quatre ans pour le cabinet new-yorkais Sullivan & Cromwell, il se joint désormais à Norton Rose Fulbright, dans l'équipe de litige.

« Sullivan & Cromwell est un vieux cabinet de Wall Street où j’ai fait du litige et de l’arbitrage international. C’est un domaine dans lequel je me suis spécialisé », explique-t-il.

Harvard et Oxford

Le cabinet new-yorkais avait à l’époque mis la main sur un petit prodige. Après un bac en droit obtenu à l’Université d’Ottawa en droit civil en 2009, puis un juris doctor obtenu en 2010, Me Martel remporte la bourse Rhodes.

Elle est décernée chaque année à des étudiants, afin qu’ils puissent poursuivre leurs études à l’Université d’Oxford.

Là-bas, il se spécialise en philosophie du droit et en droit commercial.

De retour au Canada, Me Martel devient clerc pour la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin.

De 2012 à 2013, c’est à Harvard qu’il va, toujours grâce à une bourse décernée à seulement trois étudiants canadiens, la Frank Knox Memorial Fellowship.

Interrogé à l’époque par Droit-inc à ce sujet, il évoquait cette expérience comme « un rêve d’enfant ».

La vie à New York

Le Barreau de New York en poche, Me Martel découvre la vie trépidante de la grosse pomme. « Le cabinet Sullivan & Cromwell est venu me chercher lorsque j’étais encore clerc. J’ai accepté leur offre. New York est une ville très excitante que je voulais découvrir, c’était un défi pour moi, en allant là-bas je repoussais mes limites », dit-il.

En plus de sa pratique en cabinet, Me Martel effectue plusieurs mandats en pro bono, notamment en droit du logement, pour défendre des locataires qui se faisaient évincer ou qui vivaient dans des conditions insalubres.

De cette expérience, le trentenaire originaire de l’Outaouais retient beaucoup de bien. « C’est là que j’ai développé mon expertise et une pratique très rigoureuse du litige. En plus, travaillant à Wall Street, j’ai acquis une excellente connaissance du milieu financier », poursuit-il.

Un move stratégique

Mais l’avocat y a désormais fait son temps. « New York est une ville très chaotique, c’est très rough. À Montréal, nous avons une qualité de vie exceptionnelle, nous sommes vraiment choyés et en plus, nous avons la nature à notre porte », explique Me Martel.

Mais professionnellement aussi, ce retour est un move stratégique. « Aux États-Unis, les avocats en litige doivent se spécialiser très vite dans un domaine. Moi je ne voulais pas m’enfermer », raconte-t-il.

Dans sa tête, Jean-Christophe Martel repense à la porte qui a un temps été ouverte pour lui, au sein du cabinet Norton Rose Fulbright. Il relance ses contacts en leur demandant s’ils sont toujours intéressés par son profil. Le deal est fait. « Je dois avouer que j’avais un peu magasiné et j’avais hésité avec un autre cabinet, mais finalement, ça n’a pas abouti », confie-t-il.

Il peut désormais s’ouvrir à d’autres domaines. « Je fais du litige constitutionnel et je vais pouvoir développer d’autres compétences. Je ne pense pas que ce soit bon pour un avocat de s’enfermer dans un domaine. À Montréal, on peut avoir une pratique très variée, à New York, ça n’existe pas », dit-il.

Pendant plusieurs mois, Me Martel fait de l’arbitrage international et n’a obtenu son permis restrictif que depuis peu. Il va donc pouvoir exercer 12 mois au Québec, mais aura a priori son permis complet en janvier 2018. « Ce n’est vraiment pas un exercice facile, je crois que je suis devenu un expert et que je peux aider les avocats qui exercent à New York et veulent revenir au Québec », assure-t-il.

Lui en tout cas, ne regrette pas du tout son choix. « En plus, les restos sont meilleurs ici ! », conclut-il.