Jessica Clogg, directrice et avocate principale du lobby juridique West Coast Environmental Law
Jessica Clogg, directrice et avocate principale du lobby juridique West Coast Environmental Law
Les dommages financiers causés par les événements météo extrêmes coûtent de plus en plus cher aux communautés.

Le Bureau de l'assurance du Canada les estiment à quelque 15 millions de dollars pour une ville de la taille de Québec et ce, pour chaque épisode comme celui des inondations du printemps dernier au Québec.

Et les coûts record déboursés en 2016 au Canada iront en augmentant, toujours selon le BAC.

« C'est pourquoi plusieurs municipalités de la Colombie-Britannique demandent aux pétrolières qu'elles paient une partie de la facture », écrit Jessica Clogg, directrice et avocate principale du lobby juridique West Coast Environmental Law, de Vancouver.

D'ailleurs, son centre sur le droit environnemental fait campagne auprès de plusieurs municipalités britanno-colombiennes pour que l'une d'entre elles se mouillent et acceptent d'être représentante dans un éventuel recours contre les pétrolières.

Le West Coast Environmental Law dit avoir bon espoir de pouvoir faire avancer le droit avec un tel recours, qui n'est pas sans rappeler ceux intentés contre les manufacturiers de tabac, dès les années 1990.

D'ailleurs, dans son billet de blogue du magazine Slaw, Jessica Clogg relate en outre que des villes américaines ont déposé le mois derniers plusieurs recours contre les pétrolières pour justement les forcer à défrayer certains des coûts associés aux catastrophes climatiques.

Ainsi, en octobre, San Francisco et Oakland ont déposé des requêtes afin de forcer plusieurs pétrolières à éponger les coûts des dommages causés par les inondations aux infrastructures et au parc immobilier.

Cela s'ajoute à d'autres poursuites déposées au Pérou et aux Philippines cherchant à recouvrer des coûts causés par les inondations.

Plus tôt cette année, San Mateo, Imperial Beach et le comté de Marin, en Californie, mettaient en demeure une vingtaine de pétrolières pour les mêmes raisons.

Au Canada, on ne poursuit pas encore, remarque Jessica Clogg. En 2015, Highlands, sur l'île de Vancouver, est devenue la première municipalité au monde à réclamer de l'argent—et des actions—aux pétrolières.

Pour l'essentiel, les édiles demandent à une vingtaine d'entreprises de prendre leurs responsabilités relativement aux changements climatiques et aux dommages qu'ils causent.

Et d'émettre des chèques.

En août dernier, c'était au tour de Saanich, toujours en C.-B., de faire de même. Jessica Clogg y voit un mouvement, citant par ailleurs des sondages qui établissent que 75 % des résidents de la province approuvent que leur municipalité demande des comptes aux pétrolières.

« Ces lettres ne forcent pas les compagnies productrices de combustibles fossiles à payer pour les impacts des changements climatiques. Mais elles illustrent un appétit du public pour que les sociétés rendent des comptes », poursuit Jessica Clogg.

Et qui sait : peut-être le droit pourra-t-il servir à mettre au goût du jour l'idée selon laquelle les coûts des changements climatiques devraient être déduits des bénéfices.