Me Carmen Rioux et Me Guillaume Michaud, président de l’APPCP
Me Carmen Rioux et Me Guillaume Michaud, président de l’APPCP
Me Carmen Rioux, procureure au Bureau de la Directrice des poursuites criminelles et pénales à Québec, a reçu la Médaille du mérite remise chaque année par l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, en novembre.

La Médaille du mérite est la plus haute distinction qu’un procureur puisse recevoir de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales. Elle est remise depuis 1986 pour honorer des procureurs exceptionnels.

« Je suis honorée et heureuse de recevoir cette médaille en présence de mes pairs. C’est une marque de reconnaissance qui me conforte dans la voie que j’ai choisie », dit-elle.

Une affaire en particulier a retenu l’attention de ses collègues. Il s’agit du procès d’Armand Huard et de Denis Rochefort, deux travailleurs humanitaires qui sont partis en Haïti pour aider un orphelinat et qui en sont arrivés à agresser sexuellement certains de ces enfants.

Ils sont les premiers Québécois à être accusés et condamnés pour avoir commis des agressions sexuelles à l'extérieur du pays.

Donner une voix aux victimes

Me Rioux confie qu’elle a toujours voulu être procureure. Elle passe donc son bac en droit à l’Université Laval en 1986 et obtient son Barreau en 1988.

Elle fait ensuite son stage à la Couronne. « Il y a une part de chance dans l’obtention de ce stage. Et je suis restée ensuite par passion. J’ai l’impression de travailler en harmonie avec mes valeurs. De donner une voix aux victimes », poursuit l’avocate qui a commencé sa carrière dans sa région natale, sur la Côte-Nord et ce pendant 13 ans.

Ces dernières années, avant d’arriver au Bureau de la Directrice des poursuites criminelles et pénales, Me Rioux a beaucoup travaillé sur des dossiers de maltraitance et de crimes à caractère sexuel.

« Quand on côtoie des gens qui ont vécu de pareilles souffrances, c’est parfois difficile, mais ça décuple aussi l’énergie pour faire en sorte que la vérité éclate », explique l’avocate qui aujourd’hui, arrive à prendre du recul par rapport à ses dossiers.

« C’est sûr qu’en début de carrière c’est plus difficile. Avec le temps, on arrive à se créer une barrière », poursuit-elle.

Pour les orphelins

Son dossier le plus marquant est celui qui lui a valu cette médaille, celui des orphelins d’Haïti. « J’y suis allée pour rencontrer les enfants. Le jour où ils étaient prêts à témoigner, on avait préparé un local pour un télé-témoignage et les accusés ont finalement reconnu leurs crimes », se souvient-elle.

« Quand je suis allée rencontrer ces orphelins, j’ai réalisé que tout ce qu’ils possédaient, c’était leurs vêtements. Je ne comprenais pas comment eux, adultes, pouvaient prendre à des gens qui n’ont rien une partie de leur jeunesse », poursuit l’avocate.

Aujourd’hui, elle ne plaide plus. « Je travaille plutôt à servir la direction, pour penser de nouvelles façons de faire et améliorer nos services. Je craignais que cela me manque, mais avec le temps et en me consacrant à mes nouvelles tâches, j’ai le goût de continuer dans un autre domaine du droit que la plaidoirie », conclut-elle.