Me Marie-Eve Bordeleau pratique à Kahnawaké
Me Marie-Eve Bordeleau pratique à Kahnawaké
Vendredi, Me Marie-Eve Bordeleau, Barreau 2007, a été présentée par la mairesse Valérie Plante comme la commissaire des relations avec les peuples autochtones de la Ville de Montréal.

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, la cheffe du Conseil de bande de Kahnawaké, Christine Zachary-Deom et Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, étaient présents.

Valérie Plante présente Me Marie-Eve Bordeleau
Valérie Plante présente Me Marie-Eve Bordeleau
« Reconnaître que nous sommes sur un territoire autochtone non cédé fait partie du processus de réconciliation. C’est dans cette optique que ce poste a été créé. Il s’agit d’un mandat essentiel et précieux », a dit Mme Plante lors d’une conférence de presse donnée à l’Hôtel de Ville de Montréal.

« Je voudrais souligner le leadership de la Ville de Montréal en mettant la réconciliation avec les peuples autochtones au cœur de ses priorités. Je serai guidée par deux instruments importants, les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones », a expliqué Me Bordeleau.

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador
Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador
Le mandat de l’avocate, qui assure que ce poste ne relève pas uniquement du symbolisme, sera de guider la mairesse dans les décisions qu’elle prendra et qui auront des conséquences sur les peuples autochtones.

Elle a aussi pour objectif d’avoir plus d’employés autochtones à la Ville.

Elle tentera également de créer un dialogue entre les gouvernements autochtones et Montréal et s’est engagée à développer une formation aux employés de la Ville sur l’histoire et la réalité des peuples autochtones.

« Nous voulons intégrer une réflexion autochtone au plan politique », a ajouté Me Bordeleau.

La cheffe du Conseil de bande de Kahnawaké, Christine Zachary-Deom
La cheffe du Conseil de bande de Kahnawaké, Christine Zachary-Deom
Mme Plante compte sur l’avocate pour l’aider à mieux cibler les besoins des populations autochtones et pousser plus loin certaines démarches comme le plan d’action sur l’itinérance.

Montréal semble s’être inspirée de villes de Vancouver, Edmonton et Winnipeg, qui se sont dotées d’une personne à qui on a confié la charge des relations avec les peuples autochtones.

L’accès à la justice pour ces communautés fait aussi partie des objectifs que l’avocate s’est fixée. « J’ai toujours travaillé dans ce sens et cela fait partie de la réconciliation. » Pour ce faire, elle envisage de communiquer avec le Barreau, avec le SPVM, Pro Bono Québec ou encore Éducaloi.

La cause autochtone à coeur

Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec
Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones du Québec
Me Bordeleau est originaire de Senneterre et née d’un père membre de la nation crie de Waswanipi et d’une mère québécoise. En 2016, elle confiait à Droit-inc qu’elle a toujours cru dans les vertus de la justice alternative, une pratique traditionnellement autochtone.

Me Bordeleau, spécialisée en droit autochtone, estime que l’expérience qu’elle a acquise à travers les années de pratique comme avocate et médiatrice pour représenter des gens va beaucoup l’aider dans sa nouvelle tâche.

En effet, l’avocate a fondé en 2016 la Clinique de médiation mobile pour les communautés autochtones avec sa collègue mohawk, Me Martha Montour.

Me Martha Montour, collègue mohawk de Me Bordeleau
Me Martha Montour, collègue mohawk de Me Bordeleau
Depuis l’obtention de son bac en droit de l’Université Laval, elle a travaillé en majorité pour différentes communautés et organisations autochtones au Canada.

En 2016 elle avait parcouru les régions dans le cadre d’une consultation nationale auprès des maisons d’hébergement pour femmes autochtones vivant de la violence familiale.

Jusqu’à sa nomination comme commissaire, elle travaillait à son compte, dans son cabinet de Kahnawaké.