Le mouvement rastafari est « bizarre » dit un juge
Le mouvement rastafari est « bizarre » dit un juge
Un juge a été convoqué devant son conseil de discipline pour avoir qualifié un mouvement spirituel d'« assez bizarre », d’après ce que rapporte La Presse.

Il devait décider s’il laisserait l'un de ses fidèles témoigner avec un couvre-chef lié à ses croyances.

L'homme en question adhère au mouvement rafari, un mouvement religieux et politique rendu célèbre par le chanteur Bob Marley.

Les fidèles estiment que leur foi leur impose de porter des « dreadlocks », ces mèches de cheveux emmêlés naturellement. Ils doivent aussi couvrir leur tête, le plus souvent d'un bonnet de laine coloré.

« C’est assez bizarre qu’on ait comme dieu un souverain éthiopien qui était chrétien orthodoxe pratiquant et qui demande aux rastafaris de pratiquer la religion orthodoxe », a affirmé le magistrat, qui siégeait alors en cour municipale.

Il a toutefois autorisé l'homme à témoigner avec son couvre-chef.

Ce dernier venait de lui présenter de la documentation sur la nature de sa religion. Auparavant, le constable spécial avait refusé de le laisser entrer dans la salle d'audience parce qu'il refusait d’ôter son bonnet.

L'homme a expliqué que la SAAQ et la RAMQ ne l’obligent pas à se découvrir la tête pour la photographie.

La décision du Conseil de la magistrature a donné son feu vert à la convocation du juge pour faire face à une plainte déontologique.

Il lui reproche des « paroles désobligeantes sur sa religion ».

Le nom du juge impliqué et du plaignant n’ont pas été dévoilés.

Le rastafari se trouvait devant la justice pour une histoire de non-conformité des rampes du balcon arrière de sa propriété. Il a été reconnu coupable et a dû payer une amende.

Le Règlement des cours municipales du Québec prévoit que « toute personne qui comparaît devant le tribunal doit être convenablement vêtue ».

C'est la deuxième fois en quelques années qu'un juge est convoqué devant le Conseil de la magistrature pour répondre à une plainte déontologique en lien avec un vêtement porté par croyance religieuse.

En 2015, la juge Eliana Marengo avait refusé d'entendre une Montréalaise qui portait le hijab. Son dossier est toujours actif devant le Conseil de la magistrature.