Me Gabriel Di Genova exerce au cabinet Karambatsos Avocats
Me Gabriel Di Genova exerce au cabinet Karambatsos Avocats
Au printemps 2010, l’avocat en litige Me Gabriel Di Genova a rencontré Michaela Di Cesare en assistant à une pièce dans laquelle elle était comédienne, Holy Mothers.

Pour le juriste, qui exerce au cabinet Karambatsos Avocats depuis 11 mois, c’est le coup de foudre! Il ne lui en faut pas plus pour aller lui parler dans les coulisses du Théâtre Sainte-Catherine. Un an plus tard, ils se mariaient…

Lorsque Michaela, qui est tour à tour comédienne, productrice et dramaturge, lui a demandé des conseils sur des questions juridiques pour l’écriture de sa pièce de théâtre, Successions, l’avocat en litige n’a pas hésité une seconde. Il l’a épaulée pour la première fois dans le développement dramaturgique de l’intrigue, qui suit deux frères endeuillés faisant face à d’épineuses questions de successions et d’héritage.

De la première lecture publique du texte en 2015 au premier brouillon de 2016 jusqu’à la première mondiale qui aura lieu ce jeudi 12 avril au Théâtre Centaur à Montréal, Me Di Genova nous raconte cette collaboration, faite de brainstorming et d’échanges, qui a lieu de la maison, ou lorsque les deux époux sont en vacances.

Après tout, leurs métiers ne sont pas si différents, dit-il: les deux racontent des histoires. « Pour mon épouse c’est de la fiction et pour moi, c’est une trame factuelle soutenue par des faits réels. »

Quelle a été votre implication dans ce projet?

Me Gabriel Di Genova : J’ai participé au développement dramaturgique du projet de façon indirecte, par l’entremise de mon épouse, et sur des questions de droit concernant des situations semblables à ce que l’on trouve dans la pièce. Comment fait-on face à ce type de circonstances? Quelles sont les étapes d’une liquidation de succession? Quels sont les différents enjeux pour les héritiers? Lorsqu’on travaille sur une fiction, il faut qu’il y ait un sens, une logique. L’histoire doit refléter la réalité.

Donc vous vous inspirez de cas que vous avez pu rencontrer dans votre pratique?

Michaela Di Cesare. Crédit photo : Sabrina Reeves
Michaela Di Cesare. Crédit photo : Sabrina Reeves
Je suis un avocat de litige, et depuis le début de ma pratique je gère en effet de nombreux mandats de litige successoral. Ce type de dossier est de plus en plus commun. Je ne parle pas de mes dossiers à l’extérieur du bureau en raison de mes obligations professionnelles, mais je peux en discuter de façon très théorique. L’histoire dans ce genre de dossiers est souvent la même: on retrouve des héritiers, liquidateurs ou non, avec des aptitudes différentes quant à la gestion de l’actif et à leurs connaissances en fiscalité, mais aussi des visions différentes sur les façons de procéder. Ce sont souvent des situations stressantes, émotives, car vécues en plein deuil.

Concrètement, comment travaillez-vous avec votre épouse?

On s’entraide de façon mutuelle, car nous sommes tous les deux des « raconteurs d’histoires professionnels » dans un sens. Michaela, comme écrivaine, est une conteuse d’histoires pour créer des œuvres de fiction. De mon côté, j’explique des faits aux tribunaux pour communiquer l’histoire de mes clients, et pour préserver leurs intérêts. Pour mon épouse c’est de la fiction et pour moi c’est une trame factuelle soutenue par des faits réels, mais dans les deux cas, nous devons chacun s’assurer que le message soit clair et facilement compréhensible.

Que vous a apporté cette expérience?

Elle m’a permis de mieux connaître le monde de mon épouse. C’est un monde très exigeant. En tant que professionnel, on peut souvent avoir l’impression que notre travail est demandant, mais dans le monde des arts c’est un stress continu. Le domaine exige beaucoup de discipline, et ça prend du temps de créer une pièce, de mettre en place un projet. En litige, les dossiers peuvent prendre du temps aussi mais on travaille avec des échéanciers plus concrets. C’est moins un « work-in-progress » que dans le milieu artistique.

Vous pratiquez aussi en droit des affaires. Est-ce que votre implication dans le domaine artistique est une certaine façon de pallier à un manque?

Non, pas vraiment, c’est surtout une cause qui me tient vraiment à coeur. Ça fait longtemps que je m’implique dans le domaine, que je siège sur des conseils d’administration dans des organismes en arts à Montréal. Je leur fournis des conseils probono car les budgets sont souvent limités et liés aux subventions gouvernementales qui changent d’une année à l’autre. À Noël, avec plusieurs avocats et deux juges à la Cour supérieur, j’ai participé à une levée de fonds pour des jeunes au Geordie Theatre.

Vous-même vous écrivez?

Oui! Je rédige des procédures! (Rires)... ce qui est un art en soi, croyez-moi!

Pour plus d’informations sur le travail de la dramaturge, rendez-vous ici ou encore .