Me John George Murphy prend les rênes du cabinet BLG
Me John George Murphy prend les rênes du cabinet BLG
Me John George Murphy prend les rênes du cabinet BLG le 1er juillet, à titre d’associé directeur national et chef de la direction. Fidèle à BLG depuis le début de sa carrière, il a notamment été associé directeur régional du bureau de Montréal pendant plus de 11 ans, poste maintenant occupé par Me André Dufour.

«On carbure comme jamais on n’a carburé!», lance-t-il en entrevue, au sujet de l’industrie des affaires. Pourtant, entre cette passation de pouvoir et les nombreux défis qui l’attendent dans ses nouvelles fonctions, le très occupé Me Murphy «carbure» lui aussi pas mal.

Il a quand même trouvé un peu de temps pour répondre aux questions de Droit-inc…

Vous êtes chez BLG depuis le tout début de votre pratique, est-ce que devenir le big boss est une chose à laquelle vous pensiez il y a 28 ans?

Me John George Murphy: Cela ne faisait pas partie de mes enjeux en soi, mais vous savez, j’ai me suis impliqué dès le début dans les affaires non seulement juridiques mais administratives du cabinet. Lors de la fusion en l’an 2000, j’étais l’un des responsables du bureau de Montréal, aux côtés de Sean Weir d’ailleurs (ndlr: Me Weir est le chef de la direction depuis 18 années. Il restera au sein de la firme en tant que vice-président).

Dans quel contexte est intervenu cette nomination? Comment l’avez-vous accueillie?

Je suis évidemment excité par cette opportunité. Je l’accueille les bras ouverts, je suis ravi. Pour moi, ça vient couronner une belle carrière. Le Conseil de la société a discuté avec Sean quant au meilleur moment pour lui d’opérer une transition et la discussion s’est soldée par ma nomination. Depuis le début de l’année, on travaille fort pour s’assurer d’une sain transition tant à l’interne qu’à l’externe avec nos clients ou le marché en général.

Concrètement, comment se déroule une telle passation de pouvoir?

Concrètement, avec Sean, nous avons établi un plan de transition de plusieurs pages et nous nous rencontrons régulièrement pour s’assurer que tous les volets de ce plan sont réalisés. En ce moment, il y a beaucoup de gestion à faire. Donc, on va se rencontrer toutes les semaines, se parler au téléphone. S’il y a une décision à prendre après le 1er juillet, je serais impliqué. Après cette date, Sean sera aussi toujours là. En tant que seul associé international depuis la création de BLG, il a une mémoire historique et collective du cabinet qui ne peut pas être remplacée dans un laps de temps de 6 mois. Il est une ressource incontournable.

Qu’est-ce qui vous a distingué d’un autre avocat selon vous?

Nous connaissons un important succès sur le plan administratif à Montréal et ma présence sur l’exécutif a sûrement joué un rôle. J’ai tissé de nombreux liens au sein du Conseil de la société. Quand on travaille depuis 28 ans au sein d’un seul et même cabinet, notre réputation est pas mal faite. Les gens me connaissent, par mon énergie, comme un champion en qui ils peuvent avoir confiance.

Est-ce que vous comptez poursuivre ce qu’a fait Sean Weir les dernières années ou donner une autre direction au cabinet?

À court terme, je vais nécessairement emboîter le pas de Sean. Le cabinet a déjà un plan stratégique élaboré par le Comité de gestion national dont je fais partie et qui fonctionne très bien. Il n’y a donc pas lieu de modifier de façon abrupte cet axe stratégique le 1er juillet prochain. On va donc s’assurer de sa continuité et peut-être ensuite une touche personnelle, mais dans plusieurs mois voire années.

Comment décririez-vous votre style de leadership?

C’est un leadership ouvert, consensuel, collaboratif, où les gestionnaires sont là pour promouvoir les avocats et les associés du cabinet. Mon rôle est de les aider à se dépasser et à être des valeurs ajoutées pour les clients. Être capable d’avoir une équipe nationale, multidisciplinaire pour répondre aux besoins des clients, c’est l’axe le plus important pour moi. L’objectif du client est au coeur de la gestion de nos mandats. Cette fidélisation de la clientèle vient avec la qualité des services. C’est la clé du succès.

Quelles sont vos priorités pour la firme?

Il y en a plusieurs. Nous comptons le plus grand nombre d’avocats au pays, nous sommes présents dans 5 régions et avons 12 groupes de pratique. La gestion de cet ensemble est importante. Je vais continuer à offrir les meilleurs services aux clients en favorisant une collaboration étroite des équipes, et ce, afin de tirer partie des expertises de chacun. J’aimerais aussi poursuivre l’axe important de la tradition d’engagement du cabinet. À Montréal, nous comptons 120 avocats et 280 implications dans des activités. Ça veut dire qu’il y a plus de deux activités par avocat. C’est important de redonner à la communauté. Moi-même je m’implique entre autres dans la Fondation des sports adaptés. C’est extraordinaire d’aider des gens qui n’auraient pas eu la possibilité de faire du ski sans la Fondation. Ça me rend heureux.

Quel est le grand défi d’un cabinet comme BLG en 2018?

Le défi, c’est la rapidité avec laquelle nos clients nous demandent de rendre nos services juridiques, et la rapidité avec laquelle l’industrie des affaires est en train de carburer. On carbure comme jamais on n’a carburé! Donc le défi est d’accompagner le client à cette vitesse-là, et d’aller chercher l’expertise. Pour un dossier à Montréal, on ira chercher les talents et les meilleurs professionnels. Qu’ils soient à Vancouver ou à Calgary, et vice versa.

Comment abordez-vous la question de la relève?

À Ottawa et Vancouver, nous avons engagé tous les étudiants qui nous ont rejoint suite à la Course aux stages. Nous sommes très satisfaits de la sélection que nous avions faite. Je pense que nous avons parmi les meilleurs, sinon le meilleur, programme d’accompagnement à l’interne. Par exemple, nous offrons de la formation continue tant pour les avocats en droit des affaires qu’en litige. Les jeunes sont reconnaissants de la plus-value de ce type de services.

Quelle est votre stratégie pour rester compétitif sur le marché au-delà de bien servir le client?

Demeurer compétitif, c’est toujours viser l’excellence professionnelle et l’obtention des meilleurs mandats, que ce soit en actions collectives ou dans les grands chantiers du Québec comme le pont Champlain ou le Réseau Express Métropolitain (REM). Pour voir si l’on tire notre épingle du jeu ou pas, ça passe par la fidélité des clients. Pour moi, il s’agit de la meilleure évaluation pour prouver que nous avons notre place dans cette compétition. Ça peut paraître banal mais c’est l’essence-même du succès.

Avez-vous des projets d’acquisitions/fusions? Quelle est la stratégie pour les activités internationales du cabinet?

Pour les projets d’acquisitions, il n’y a rien de prévu de très précis. On ne peut pas dire non… à partir du moment où l’on prend une décision dans un but stratégique. Le plan stratégique n’a jamais été de devenir le plus important cabinet d’avocats au Canada mais force est de constater que, de fil en aiguille, c’est ce qu’on est devenus. Sean va maintenir les liens à l’international, que ce soit avec des cabinets aux États-Unis, en Angleterre ou en France, et ce, en fonction des relations d’affaires de nos clients nationaux.

En plus de vos 12 domaines de pratique actuels, avez-vous d’autres domaines que vous comptez explorer dans le futur?

On doit toujours s’adapter à la réalité des affaires. Avec les intentions du Premier Ministre pour le 1er juillet prochain, le cannabis joue un rôle surprenamment fort au niveau des incorporations ou concernant les immeubles où vont être semés les plants. On s’intéresse aussi à la blockchain.

Quand on arrive à ce niveau-là dans sa carrière, quels sont les plans pour la suite? Et quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui voudraient suivre vos traces?

J’ai l’intention de demeurer présent sur les conseils d’administration sur lesquels je m’implique. Je vais voyager à travers le pays pour le bénéfice de mes associés, me consacrer au développement des affaires, rencontrer les associés directeurs nationaux, etc. La planche est pas mal pleine! Mon conseil, ce serait d’avoir du plaisir. C’est un métier très exigeant, sans aucun doute. Trouver un équilibre est donc fort important. Travailler 28 ans en services juridiques, c’est un marathon, c’est quand même toute une carrière! Même s’il y a beaucoup de stress, j’ai eu du plaisir dans un esprit d’équipe, avec le support de mes associés, en redonnant à la communauté aussi. Et je pense que la prochaine génération va porter ces mêmes valeurs de cohésion.