David Stephan et sa femme, Collet
David Stephan et sa femme, Collet
Il avait été été soigné avec des remèdes maison à base de plantes.

David Stephan et sa femme, Collet, avaient été reconnus coupables en 2016 d'avoir manqué à combler les besoins vitaux de leur enfant, Ezekiel, mort en 2012 à l'âge de 19 mois. Le père avait été condamné à quatre mois de prison, et la mère, assignée à résidence pendant trois mois, sauf pour aller à l'église et à des rendez-vous médicaux.

Selon ce qui a été révélé lors de leur procès à Lethbridge, en Alberta, les parents avaient soigné leur garçon avec de l'ail, de l'oignon et du raifort, plutôt que de l'amener voir un médecin. Le couple avait finalement composé le 911, mais l'enfant avait succombé à une méningite plus tard à l'hôpital.

La Cour d'appel de l'Alberta avait confirmé leur condamnation en novembre dernier, mais comme ce jugement n'était pas unanime, le couple s'était vu automatiquement accorder le droit de porter l'affaire en Cour suprême. Le plus haut tribunal du pays a entendu les plaidoiries mardi matin et immédiatement ordonné, sans délibérer, la tenue d'un nouveau procès.

Les avocats du couple avaient plaidé devant la Cour d'appel que les jurés au procès avaient été noyés dans les preuves médicales, ce qui les aurait distraits de la vraie question : est-ce que David et Collet Stephan avaient agi différemment de tout autre parent raisonnable?

La semaine dernière, David Stephan écrivait sur sa page Facebook que cette cause était importante pour défendre les droits parentaux. « Notre audience en Cour suprême ne changera pas seulement l'avenir de notre famille, mais l'avenir de tous les Canadiens, alors que cette affaire marquante et sans précédent est utilisée pour enlever des droits parentaux et des libertés en matière de santé au Canada », a-t-il soutenu.

« Nous prions pour que la Cour suprême du Canada invalide ce précédent nouvellement établi et qu'elle envoie notre dossier en procès pour que toute la vérité soit enfin dévoilée et que les vrais criminels impliqués dans notre dossier soient mis en lumière et rendent des comptes. »

Des témoins au procès ont raconté que le corps de l'enfant était si rigide qu'il ne pouvait pas s'asseoir dans son siège d'auto. Il avait dû s'étendre sur un matelas lorsque sa mère l'a conduit dans une clinique de naturopathie, à Lethbridge, où elle a acheté un mélange d'échinacée. Les parents n'ont jamais sollicité d'aide médicale jusqu'à ce qu'Ezekiel arrête de respirer.

L'enfant avait été transporté dans un hôpital de la région, avant de mourir, en route vers l'Hôpital pour enfants de Calgary.