Christine Normandin, bénévole de l'année du JBM
Christine Normandin, bénévole de l'année du JBM
C’est Me Christine Normandin qui a reçu ce trophée honorifique de bénévole de l’année, lors de la dernière assemblée annuelle du Jeune Barreau de Montréal, qui se tenait le 11 mai au Palais des congrès.

Son implication bénévole : sa collaboration à un « service de préparation à l’audience » (SPA) destiné à aider les justiciables qui ont un litige devant la division des petites créances de la Cour du Québec.

« Dès qu’il reçoit sa date d’audience, chaque justiciable reçoit aussi la possibilité de rencontrer un avocat bénévole du JBM afin de le préparer à aller à la Cour », explique Me Normandin. Car, comme chacun le sait, les audiences de la nature des petites créances se font sans avocat.

De quoi discute-t-on dans cette rencontre qui ne dure qu’une demi-heure? « On aide à structurer le dossier, on donne un cours de procédure rapide, et pour les plus expérimentés, on va même jusqu’à référer au site du CAIJ afin de pouvoir faire de la recherche jurisprudentielle» , dit l’avocate. Il ne faut pas oublier, ajoute-t-elle, que certains éléments peuvent sembler évidents pour les avocats, mais pas pour les non-juristes. « On met l’accent sur l’importance de retenir les dates précises des événements, on indique qui doit parler en premier, selon qu’on est demandeur ou défendeur, et on rappelle qu’il est possible de ne pas passer en premier devant le juge, car celui-ci peut entendre d’autres cas la même journée. Souvent, on incite les gens à aller voir d’autres audiences, puisqu’elles sont publiques! Les justiciables sont parfois étonnés de l’apprendre », résume Me Normandin.

Et évidemment, ce processus, auquel collaborent beaucoup de bénévoles, est entièrement gratuit.

Par ailleurs, Me Normandin, en plus de participer à ces rencontres, a aussi contribué à la mise à jour du guide du SPA.

Partage des tâches

Dans sa pratique privée, Me Normandin œuvre depuis peu chez Heyeur Jessop, un cabinet spécialisé en enlèvement international d’enfants et en droit international de la famille. Auparavant avocate en solo, elle a peu à peu amorcé une transition pour travailler avec ses voisines de bureau, Mes Sonia Heyeur et Shannon Jessop. « Cette transition s’est faite peu à peu, en commençant avec de la collaboration sur certains dossiers, et n’est pas terminée », précise-t-elle.

Le grand intérêt de sa pratique : « Mes Heyeur et Jessop ont des intérêts différents des miens, explique-t-elle. La première souhaite limiter ses séjours à la cour et se concentrer davantage sur le recrutement de clients. Me Jessop se spécialise dans la préparation des dossiers, alors que, férue de plaidoirie, je me charge de les mener en cour! »

Son pain quotidien, ce sont les enlèvements d’enfants à l’international– lorsqu’un parent quitte le pays avec un enfant pour lequel l’autre parent a un droit de garde – et les cas où un parent souhaite vivre à l’extérieur du pays alors qu’il doit assumer une garde partagée avec l’autre parent.

Dans les cas d’enlèvement, le parent qui reste au pays doit faire une demande au Procureur général du Québec, qui le référera vers un avocat spécialisé dans le domaine. Pour que le Procureur général puisse négocier avec les autorités compétentes dans l’autre État, il faut forcément que celui-ci soit partie à la Convention de 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants, précise Me Normandin. Présentement, une centaine de pays ont effectivement signé la Convention.

« Il y a un aspect international très intéressant, indique Me Normandin : il faut analyser le droit de l’autre pays, parce qu’un parent peut être considéré comme ayant la garde au Québec, mais pas selon le droit interne étranger » précise-t-elle.

Des projets de toute sorte

Me Normandin a étudié le droit à l’UQÀM. Barreau 2015, elle s’est ensuite lancée dans la pratique à son compte. Entre ses mandats actuels et les heures de bénévolat, elle trouve le temps pour mettre sur pied une plate-forme de divorce en ligne, Kazuko. Elle a également d’autres idées en tête.

« Quand il y a une porte ouverte, je mets le pied dedans! » résume l’avocate.