Me Gerry Apostolatos
Me Gerry Apostolatos
À ses débuts comme avocat en 1989, Me Gerry Apostolatos estime qu’il y avait « environ 6 % » de femmes juges.

Depuis, le nombre de juristes femmes a beaucoup augmenté. On compte désormais une majorité de femmes pratiquant le métier d’avocate. Chez Langlois, où Me Apostolatos pratique, on a annoncé l’arrivée de cinq nouvelles associées pour l’année 2018, toutes des femmes.

Me Apostolatos attribue cette évolution à un changement des mentalités, mais aussi aux actions prises par le Barreau à travers divers projets visant à accroître l’inclusion de femmes dans le milieu juridique, comme le récent projet Justicia.

Il y a deux ans, le Barreau québécois a lancé une initiative similaire, visant cette fois-ci à favoriser l’intégration de plus d’avocats issus de groupes ethnoculturels dans le métier : le projet Panorama.


Quels résultats ?

Dans le Canadian Lawyer Mag, Mark Cardwell fait état de la situation, alors que le dévoilement des résultats est attendu cet été.

Lancé en juin 2016, le projet Panorama implique 28 participants volontaires, dont 23 cabinets majeurs (incluant BCF, Borden Ladner Gervais, Fasken Martineau, Langlois, McCarthy Tétrault, Norton Rose Fulbright, Stikeman Elliott et Lavery) et 5 entreprises majeures québécoises (incluant la Caisse de dépôt et SNC-Lavalin). En tout, les participants emploient pas moins de 2300 avocats.

Le projet visait notamment à hausser le niveau d’avocats issus de la diversité. Il est estimé qu’actuellement, 13% de la population québécoise s’identifient à un groupe ethnoculturel, tandis que ce ne sont que 6% des avocats qui peuvent en dire autant.

Les participants devaient notamment recenser leurs avocats issus d’un groupe ethnoculturel et mettre de l’avant des politiques pour favoriser l’embauche de plus de juristes issus de la diversité.

Paul-Matthieu Grondin
Paul-Matthieu Grondin
Les résultats du projet Panorama sont attendus cet été. Le Barreau attend les chiffres avec impatience. « Panorama nous fournira les données dont nous avons besoin pour pleinement aborder le problème de la diversité dans la profession », confie le bâtonnier Paul-Matthieu Grondin.

Des actions similaires ont été entreprises aux États-Unis et au Royaume-Uni, ainsi qu’ailleurs au Canada, notamment par le Barreau de l’Ontario.

Si en Ontario une telle action avait reçu un accueil mitigé, Me Grondin affirme que la communauté juridique du Québec accueille l’initiative à bras ouverts. Il se dit confiant que les résultats seront positifs, évoquant d’autres actions prises par le Barreau, comme le mentorat et les sièges réservés dans les facultés de droit, qui avaient contribué à augmenter le nombre d’avocats autochtones au Québec.