Le fermier saskatchewanais Robert Latimer
Le fermier saskatchewanais Robert Latimer
Le fermier saskatchewanais Robert Latimer demande au premier ministre du Canada et à la ministre fédérale de la Justice d'être gracié ou d'obtenir la tenue d'un nouveau procès. En 1993, il avait reconnu avoir tué sa fille lourdement handicapée.

Robert Latimer demande que son cas soit revu en plaidant que, à l’époque, les médecins avaient refusé d’administrer de puissants antidouleurs à sa fille Tracy, alors âgée de 12 ans, jugeant que cela aurait pu la tuer.

Le fermier avait affirmé ne plus pouvoir endurer de voir sa fille souffrir des intenses douleurs chroniques provoquées par la forme grave de paralysie cérébrale dont elle était atteinte. Il a avoué l’avoir asphyxiée en 1993 avec les gaz d’échappement de sa camionnette.

« L’injustice manifeste de la condamnation de M. Latimer repose sur la privation injuste et illégale des antidouleurs que Tracy Latimer aurait été en droit de recevoir», a dit son avocat, Jason Gratl.

Après avoir comparu devant la Cour suprême du Canada en 1997, Robert Latimer avait dû faire face à la justice une deuxième fois en 2001, son procès ayant été reporté pour cause d'interférence avec le jury.

Reconnu coupable, l'homme alors âgé de 47 ans avait été condamné à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans. Le juge avait alors qualifié le meurtre d'« homicide par compassion ».

« La vie de Tracy Latimer aurait dû prendre fin de manière "non intentionnelle", sous l’effet des opioïdes prescrits par ses médecins pour soulager ses douleurs. Elle n’aurait pas dû mourir par le monoxyde de carbone que son père lui a fait respirer de manière intentionnelle et miséricordieuse », plaide l'avocat Jason Gratl.

Selon lui, Robert Latimer est victime d’une « faute médicale professionnelle ». De plus, il affirme que le jury aurait été conduit à penser que M. Latimer avait délibérément choisi de ne pas donner d’antidouleurs plus forts que du Tylenol à sa fille.

Cette saga judiciaire avait profondément divisé l’opinion publique entre ceux qui défendaient l’homicide par compassion, et ceux pour qui cet argument ne reconnaissait pas la vie de Tracy Latimer à sa juste valeur.

Un dernier recours exceptionnel

Au Canada, les personnes dont tous les recours légaux ont échoué après avoir été déclarées coupables peuvent demander à Ottawa de rouvrir leur cas, en faisant directement appel au ministre fédéral de la Justice. « (Dans le cas présent), la justice, l’humanité et la compassion surpassent la voie de l'administration de la justice classique», dit Jason Gratl.

Pour l’avocat de Robert Latimer, son client répond aux conditions d’une suspension de casier judiciaire.

Après avoir été condamné en 2001, Roberti Latimer s'est vu accorder une semi-liberté conditionnelle en février 2008. Le Saskatchewanais peut voyager en dehors du territoire canadien depuis mars 2015.

Le ministère de la Justice n’a pas répondu aux sollicitations de CBC/Radio-Canada à ce sujet.