Me Annette Lefebvre est l’avocate attitrée au dossier
Me Annette Lefebvre est l’avocate attitrée au dossier
Des parents d’une enfant née avec la trisomie 21 en ont contre le gynécologue de la mère qui aurait fait défaut de diagnostiquer la maladie in utero.

C’est que qu’ils prétendent dans une demande introductive d’instance déposée au Palais de justice de Montréal, au montant de 3,95 millions de dollars. Me Annette Lefebvre est l’avocate attitrée au dossier.

Alors qu’elle était enceinte, madame et son mari ont consulté un obstétricien-gynécologue, le Dr Maan Malouf. Comme elle avait plus de 35 ans, madame s’inquiétait des risques éventuels d’avoir un enfant atteint de trisomie 21, accrus pour les femmes de sa catégorie d’âge. D’autant plus qu’elle attendait des jumeaux non identiques et que les risques étaient donc dédoublés.


Tests différents

Or, dans le cas de jumeaux, un test particulier, différent du test habituel, doit être mis en place pour détecter la présence de trisomie 21 chez l’un des fœtus, clame la demande en justice. Un test qui n’a jamais été proposé par le Dr Malouf, qui a plutôt appliqué le test habituel, si on en croit la demande.

Or, si le test pertinent avait été suivi, la trisomie 21 aurait été détectée précocement et la principale intéressée aurait obtenu un avortement, même au risque de perdre l’autre fœtus, affirme-t-elle.

Car les impacts de vivre avec un enfant trisomique sur sa vie professionnelle et familiale sont considérables, plaide-t-elle. En effet, les demandeurs écrivent que leur vie tourne maintenant autour de ce bébé, au détriment de leurs autres enfants. Madame, qui travaille comme conseillère financière et qui avait complété sa maîtrise en administration des affaires (MBA), clame qu’elle était sur le point d’être promue, chose maintenant impossible, alors que monsieur a dû abandonner l’idée de retourner aux études en marketing.


Une réclamation de 3,95 millions

Depuis sa naissance il y a deux ans, l’enfant est toujours incapable de marcher et même de ramper, ne peut rien boire ni manger autrement que par une bouteille qu’elle est incapable de tenir seule, et ne réagit même pas à son nom. Elle devra être suivie par un cardiologue toute sa vie et l’est présentement par un ophtalmologue, un nutritionniste et un physiothérapeute.

C’est pourquoi madame doute de pouvoir retourner travailler un jour, elle qui souffre en plus de dépression clinique.

Elle réclame donc 1,5 million de dollars à titre de pertes de revenus passés et futurs, 1,5 million supplémentaires pour les soins à vie à prodiguer à l’enfant trisomique et 250 000 dollars pour perte de jouissance de la vie, troubles et inconvénients. Pour monsieur, ces montants sont de 200 000, 100 000 et 250 000 dollars respectivement. Enfin, on demande 50 000 dollars pour chacun des trois autres enfants à titre de perte de jouissance de la vie, troubles et inconvénients, eux qui sont aussi affectés par la situation. Tout cela totalise 3,95 millions de dollars.

Le Dr Malouf n’a pas rappelé Droit-inc. C’est le cabinet McCarthy Tétrault qui a comparu pour lui cette semaine. Il n’y a cependant pas encore d’avocat attitré au dossier.