Le premier ministre Philippe Couillard a répondu au Barreau mercredi
Le premier ministre Philippe Couillard a répondu au Barreau mercredi
Le Barreau du Québec a demandé mardi aux partis politiques en campagne électorale de s'engager en faveur de l'aide juridique.

Le premier ministre Philippe Couillard a répondu au Barreau mercredi, rapporte La Presse canadienne, indiquant qu’il ne voulait pas s'engager à consacrer 50 millions de dollars supplémentaires à la rémunération de ces avocats car cette question, estime-t-il, relève de la négociation entre les parties.

«On a déjà agi dans le domaine de la justice de plusieurs façons. Nous avons élargi l'accès à l'aide juridique - ça aussi c'est important - dans le cadre de notre lutte contre la pauvreté, pour que les gens aient un accès plus équitable», a souligné M. Couillard avant d’évoquer également les mesures mises en place pour favoriser la médiation et les centres de justice dans certaines communautés.

Le Barreau prône notamment une hausse des tarifs versés aux avocats de pratique privée qui acceptent ce type de mandats, étant donné que ces tarifs sont actuellement très bas : de l’ordre de 500 dollars environ pour des dossiers en droit de la famille ou de l’immigration qui exigent parfois 40 heures de travail par semaine.

Notons qu’en raison des bas tarifs, de moins en moins d'avocats de pratique privée acceptent de tels mandats. On constate une baisse de 19 % entre 2001 et 2016.

Les autres partis s’engagent

La Coalition avenir Québec (CAQ) a pour sa part indiqué qu’elle bonifierait l'enveloppe de l'aide juridique.

Le député Simon Jolin-Barrette prône un réinvestissement massif dans le système de justice, «afin de bonifier la rémunération des avocats de pratique privée qui traitent des cas d'aide juridique, afin que les gens ayant besoin d'assistance juridique aient accès à une représentation juste et de qualité, au même titre que le reste de la population».

Même son de cloche du côté de la vice-chef du Parti québécois, Véronique Hivon, qui a indiqué que la justice était «un enjeu sous-estimé».

«Le Barreau a raison quand il dit que les tarifs ne tiennent plus la route, a-t-elle déclaré. Ça a des impacts sur la pratique des avocats, sur la baisse du nombre d'avocats qui acceptent des mandats d'aide juridique et sur de plus en plus de gens qui se représentent seuls.»

Enfin, Québec solidaire et Manon Massé disent qu’ils investiraient 72 millions de dollars s’ils étaient élus.

Selon eux, ce montant permettrait de payer convenablement les avocats qui prennent les mandats d'aide juridique, mais aussi d'étendre l'accès de ces services à tous les gens qui en ont besoin.

«On vient d'apprendre il y a quelques jours que l'État québécois a fait un excédent budgétaire de 2,3 milliards l'année dernière, dit Mme Massé. Que les libéraux refusent de s'engager à investir pour améliorer l'accès à l'aide juridique prouve bien que leurs priorités ne sont pas du côté du peuple ni des moins fortunés.»