Le juge Brett Kavanaugh
Le juge Brett Kavanaugh
Le juge Brett Kavanaugh, désigné par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême, après le retrait du juge Anthony Kennedy, nie « sans équivoque » l'allégation d'agression sexuelle portée contre lui par Christine Blasey Ford et se dit prêt à se défendre devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat. La professeure de psychologie de Californie s'est elle aussi dite prête à aller y présenter sa version des faits.

« C'est une allégation complètement fausse », a réitéré ce matin le juge Kavanaugh. « Je n'ai rien fait ce que décrit l'accusatrice, ni à elle ni à personne d'autre », a-t-il soutenu, concernant cet événement qui se serait déroulé il y a 36 ans.

La femme de 51 ans, qui a accepté de révéler son identité dimanche dans une entrevue avec le Washington Post, soutient que le candidat à la Cour suprême l’a agressé sexuellement dans une maison du comté de Montgomery au début des années 1980.

« Kavanaugh et un ami, tous deux en état d'ébriété, » l'auraient entraînée dans une chambre lors d’une fête d'adolescents alors qu’il fréquentait une école secondaire de la région de Washington.

M. Kavanaugh aurait tenté de lui retirer ses vêtements en la plaquant sur un lit, mais l’intervention de camarades de classe a permis à la jeune fille de prendre la fuite.

Après 35 ans de silence, Mme Blasey Ford s'est dite prête à livrer sa version des faits aux parlementaires chargés de confirmer la nomination de M. Kavanaugh, a indiqué son avocate Debra Kasz à la chaîne de télévision CNN.

Les sénateurs n’ont toutefois pas encore demandé à Mme Blasey Ford de venir témoigner.

« Cette femme ne doit être ni insultée ni ignorée », a immédiatement réagi la conseillère de la Maison-Blanche, Kellyanne Conway sur la chaîne télévisée Fox.

« Permettre à cette femme de témoigner sous serment, et permettre au juge Kavanaugh d'être entendu sous serment sur ces allégations bien spécifiques, ajouterait à la montagne de documents que les élus auront à prendre en compte pour décider de confirmer ou non » sa nomination, a-t-elle ajouté.

Le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer a quant à lui demandé à ce que le vote soit reporté « jusqu'à ce que la lumière soit faite sur ces allégations graves et crédibles ».

Tensions au Sénat

Le Sénat, à majorité républicaine (51-49), a le dernier mot sur la nomination des candidats désignés par la présidence pour les postes de juge de la Cour suprême.

Nommés à vie, ces juges jouent un rôle crucial dans la société américaine puisqu’ils sont appelés à se prononcer sur principaux enjeux de société, comme les armes à feu ou l'avortement.

Les démocrates s’opposent à la nomination du juge Kavanaugh parce qu’ils craignent que ce dernier ne fasse basculer la Cour suprême dans le camp conservateur pour de nombreuses années.

Les nouvelles révélations au sujet du juge Kavanaugh devraient intensifier la pression mise sur le Sénat américain afin de retarder le vote de confirmation.

Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a indiqué, hier, que les républicains iraient de l’avant dans ce dossier. Le leader républicain a précisé qu’il aimerait obtenir la confirmation de M. Kavanaugh dans son nouveau poste pour le 1er octobre prochain.

Mais, la majorité républicaine pourrait s’avérer insuffisante puisque le président du Comité sénatorial de la magistrature a mentionné au Washington Post l’aspect « troublant et non corroboré de ces allégations, remontant à plus de 35 ans et refaisant surface à la veille d'un vote en comité ».

Le sénateur républicain Jeff Flake a indiqué dimanche qu'il « n'était pas à l'aise » avec l'idée de voter en faveur de M. Kavanaugh avant d'obtenir plus de détails sur ces allégations.