Me Raymond Doray, du cabinet Lavery
Me Raymond Doray, du cabinet Lavery
Un document déposé lundi par les avocats de Gilbert Rozon, accusé par un regroupement de femmes d’agressions sexuelles, indique que l’ex-patron de Juste pour rire doit dépenser des «sommes substantielles» pour répondre aux accusations.

Le juge Donald Bisson avait autorisé l’action collective en mai dernier.

Pour rappel, les «Courageuses», une vingtaine de femmes, lui réclament plus de 10 millions de dollars.

Cité par TVA Nouvelles, le document parle «d’injustice» à l’endroit de Rozon. «L’utilisation de l’action collective cause une injustice à l’endroit de (Rozon) en le forçant à (...) dépenser des sommes substantielles pour répondre à des accusations multiples et sans contexte.»

Lacunes et complexité

Gilbert Rozon, le producteur et fondateur du Festival Juste pour rire
Gilbert Rozon, le producteur et fondateur du Festival Juste pour rire
Selon l’avocat Raymond Doray, dont les propos sont repris dans le journal, ces litiges n’ont «rien de collectif». Il rappelle que certaines femmes disent avoir été harcelées sexuellement par Rozon, d’autres avoir été agressées tandis que certaines parlent de viol.

«Ils ne soulèvent aucune question commune, similaire ou connexe», peut-on lire dans le mémoire d’appel de l’avocat, qui vise à mettre fin aux procédures.

Poursuivre Rozon par action collective rend en fait tout plus compliqué, selon les avocats.

«Cela n’avancerait en rien le litige puisque pour chaque membre du groupe, il y aurait toujours lieu d’administrer une preuve de harcèlement sexuel avec des éléments de contexte propres à chaque situation», indique le mémoire, cité par TVA.

«Lacunes» du juge

Selon les avocats, le juge de première instance aurait fait preuve de «nombreuses lacunes importantes» dans son autorisation en mai.

Pour eux, le travail de la défense est compliqué par le fait que le groupe, défini par «toutes les personnes agressées et/ou harcelées sexuellement par Gilbert Rozon» n’est ni limité dans le temps, ni dans l’espace.

«Le groupe est défini de manière large, imprécise et subjective.»

La Cour d’appel devrait entendre la cause en 2019.