Le jeudi 25 octobre dernier, la Cour suprême de l’Ohio a suspendu avec sursis deux avocats en couple
Le jeudi 25 octobre dernier, la Cour suprême de l’Ohio a suspendu avec sursis deux avocats en couple
Comment mêler vie privée et conjugale avec les impératifs de sa profession? Voilà une question difficile à laquelle n’ont pas su répondre deux Américains.

Le jeudi 25 octobre, la Cour suprême de l’Ohio a suspendu avec sursis deux avocats en couple, indique le site Big Law Business. Les deux professionnels, Ashleigh Brie Kerr et Thomas Holmes, exerçaient dans le domaine du droit scolaire dans deux cabinets distincts et avaient préalablement admis avoir partagé des informations confidentielles relatives à leurs clients. Cette décision va dans le sens de la sanction proposée par le Conseil de déontologie professionnelle de l’Ohio.

Leurs manquements éthiques ont commencé à partir du moment où Me Kerr a fait suivre des courriels de ses clients concernant des demandes de textes juridiques. Me Holmes lui répondait en mettant en pièce jointe des courriels envoyés à ses clients sur des dossiers semblables et accompagnés des éléments qu’il avait préparés pour eux. Ce comportement va bien évidemment à l’encontre du privilège des communications entre client et avocat ainsi que du secret professionnel qui y est attaché.

Après cette affaire, les deux avocats ont quitté leurs postes respectifs. Si Thomas Holmes a trouvé un emploi dans une nouvelle firme, Ashleigh Brie Kerr quant à elle n’a pas encore rejoint de cabinet à ce jour.

Des exemples québécois qui fonctionnent

Me Geneviève Bertrand exerce aux côtés de son conjoint, Me Marco Robert, les deux sont avocats chez Picard Robert et associés.

Me Bertrand voit le fait de travailler avec son compagnon comme « un gros plus », soulignant qu’ils partagent la même réalité professionnelle et peuvent s’entraider. Elle se dit rassurée de savoir qu’au besoin, elle peut toujours compter sur son appui dans la gestion de ses causes.

D’ailleurs, après seulement trois semaines de congé de paternité, Me Robert a repris tous ses dossiers avec l’aide de la marraine de leur fille, criminaliste elle aussi, et avec le soutien de leurs associés.

De nombreux autres couples montrent l’exemple, à l’instar de Mes Jean Piette et Louise Taché-Piette. Et s’il peut leur arriver de discuter ensemble des dossiers sur lesquels ils travaillent, c’est « tout en respectant leur obligation liée au secret professionnel », assure l’avocate.

Enfin, certains dépassent même les prévisions les plus optimistes. On pense à Brigitte Gauthier et François Alepin, car si les deux avocats sont maintenant divorcés cela ne les a pas pour autant empêchés de continuer à travailler ensemble au sein du cabinet qu’ils ont fondé, Alepin Gauthier, avec le succès qu’on connaît.

La preuve que le professionnalisme peut s’appliquer jusque dans la vie privée.