Annick Gosselin a fini par prendre la décision de quitter sa pratique pour devenir parajuriste
Annick Gosselin a fini par prendre la décision de quitter sa pratique pour devenir parajuriste
Deux ans auront suffi pour qu’Annick Gosselin se sente au bord du gouffre dans sa pratique solo d’avocate.

«C’est tellement de pression!, déplore celle qui aura exercé six ans comme avocate. Du jour au lendemain, on doit devenir spécialiste dans tout et on se retrouve vite isolé...»

Rongée par le stress, elle a fini par prendre une décision angoissante, mais qu’elle n’a jamais regrettée : quitter sa pratique pour devenir parajuriste.

«C’était un changement de carrière épeurant, mais merveilleux au final!, dit-elle à Droit-inc, se rappelant avoir hésité à faire le grand saut. J’avais peur de regretter ma décision car c’est beaucoup d’études et de travail que j’avais l’impression d’avoir faits pour rien.»

C’est ainsi qu’en 2015, l’ancienne avocate a retiré sa toge et a frappé à la porte du cabinet Vigi pour offrir ses services en tant que parajuriste.

Aujourd’hui, elle se dit plus heureuse que jamais.

«C’est merveilleux, je suis tellement satisfaite! J’ai envie d’aller travailler le matin et ça, ça vaut beaucoup.»

Changer d’air

Pour celle qui est donc devenue parajuriste, le métier d’avocate n’est pas de tout repos.

«Chaque type de droit implique des procédures particulières qu’il faut apprendre sur le tas et appliquer rapidement», fait-elle remarquer.

«C’est un milieu où on ne se sent pas toujours soutenu par nos collègues... Pas évident de s’entraider quand on est tous débordés!, lance-t-elle. Souvent, chacun fait sa petite affaire de son côté, surtout quand les gens d’une même équipe ne pratiquent pas dans la même branche».

Mme Gosselin note que c’est l’avocat qui prend la responsabilité des dossiers qui lui sont confiés, ce qui implique qu’il porte sur lui l’imputabilité, les délais et la tâche de s’assurer d’être payé par ses clients.

«Bref, j’avais besoin de changer d’air car je n’étais plus heureuse. Je savais en quoi consistait le travail de parajuriste et j’ai pensé que mon expérience en tant qu’avocate pourrait m’être utile», mentionne-t-elle.

Mme Gosselin croit qu’il serait souhaitable que les nouveaux avocats fraîchement diplômés bénéficient de plus d’accompagnement, d’encadrement, ou encore de mentorat.

«Les attentes sont élevées! Les jeunes sont garochés et doivent être bons dans tout dès le début, note-t-elle. On leur envoie le rôle de pratique sans consigne ni explication et ils doivent mener leurs dossiers seuls de A à Z...»

Le grand saut

En 2015, elle saute les deux pieds dans l’inconnu.

«Rendue là, je n’avais rien à perdre à l’essayer! Au final, c’est encore mieux que ce que j’imaginais», se réjouit la détentrice d’un baccalauréat en droit de l’Université Laval à Québec, qui avait été assermentée au Barreau en 2007.

Il faut dire aussi que même sa première expérience comme avocate n’est pas un bon souvenir pour Mme Gosselin!

En effet, elle a travaillé pendant trois ans dans un département gouvernemental spécialisé - dont elle préfère taire l’identité - avant de quitter en congé de maternité. À son retour... sa place était prise!

À son avis, ce phénomène est assez fréquent dans le domaine, ce qu’elle considère comme regrettable.

Dans ses souliers

Mme Gosselin fait maintenant partie d’un cabinet de trois avocates qui pratiquent en droit du travail, le seul domaine auquel elle n’avait jamais touché et qu’elle a vite appris à apprécier.

Elle note l'emphase mise sur la conciliation travail-famille et l’esprit d’équipe. En prime, elle souligne être encadrée et soutenue par son équipe, ce qui n’était pas le même scénario par le passé.

«Je me sens enfin dans mes souliers! J’ai encore ma tête et mes réflexes d’avocate, mais je ne porte plus toute la pression et l’ambiance de travail est agréable», dit-elle avec satisfaction.

L’annonce de son changement de carrière a été très bien accueilli par sa famille, ses amis et ses collègues. «Étonnamment, je réalise qu’au départ, c’est surtout moi qui me jugeais et qui n’assumais pas totalement son choix!» , confie-t-elle en riant.

La mère de trois enfants (et bientôt quatre!) est maintenant sûre d’une chose : elle a pris la meilleure décision possible!