Me Roch Dupont a déménagé à Regina pour pouvoir travailler sur des dossiers d’ampleur canadienne.
Me Roch Dupont a déménagé à Regina pour pouvoir travailler sur des dossiers d’ampleur canadienne.
« Ville tranquille », « peu d’infrastructures pour sortir », « ville moyennement pauvre »… c’est avec ces mots que Me Roch Dupont décrit Regina, la capitale de la province. Rien de très emballant pour cet avocat senior de 62 ans originaire de Hull.

« Je m’ennuie de Montréal, mais heureusement, j’y vais souvent pour certains dossiers, raconte-t-il à Droit-inc. Je regrette un peu d’être parti. Ici, je n’ai aucune famille, aucun ami. Mais j’aime mon travail, j’aime sa dimension nationale. »

Depuis 2013, Me Dupont travaille dans le cabinet Merchant Law Group et se spécialise dans les recours collectifs. C’est justement pour pouvoir travailler sur des dossiers d’ampleur canadienne qu’il a décidé de partir à Regina.

« Au Québec, on est plus limité », dit celui qui détient trois Barreaux : celui de Saskatchewan, celui de l’Ontario et celui du Québec. Il a même été inscrit au Barreau de l’Alberta.

Pour lui, faire du recours collectif est aussi le moyen d’aider les gens qui ne peuvent pas se payer un avocat. Parmi ses dossiers, beaucoup de vices cachés ou encore le dossier des enfants autochtones enlevés à leurs parents pour intégrer des familles non autochtones.

Désir de rendre la justice

Ancien policier, ce n’est que tard que Me Dupont a bifurqué vers le droit, toujours animé par ce désir de rendre la justice tout en faisant en sorte qu’elle soit respectée.

Issu d’une famille de policier, il emprunte cette même voie dès l’âge de 18 ans, après avoir obtenu un certificat en techniques policières. Mais à 36 ans, il se blesse gravement dans une émeute. « J’ai perdu une partie de mon genou », détaille-t-il.

Me Dupont doit donc se réorienter. Il opte d’abord pour un bac en économie, puis se dirige finalement vers le droit, à l’Université d’Ottawa.

Il est ensuite devenu avocat au ministère de la Justice et s’occupe entre autres des dossiers de fraudes internationales et de blanchiment d’argent ou encore d’armes à feu et de drogue.

« Je me suis promené un peu partout au Canada : Ottawa, Toronto, Montréal, Halifax ou encore Calgary… », raconte-t-il.

Peu d’argent à se faire

D’ailleurs, il estime que son ancienne vocation de policier l’aide dans sa pratique actuelle. « Sur plusieurs facettes, comme l’entrevue de témoin, comment déceler le mensonge de la vérité, comment gérer le stress, savoir prendre en mains les dossiers et obtenir la preuve nécessaire pour prouver sa cause… », énumère-t-il.

La pratique en elle-même ne change pas trop de ce qu’il a connu au Québec. « Le litige, c’est le litige. La seule différence, c’est qu’il y a peu de palais de justice dans les zones éloignées et que j’ai peu de dossiers francophones », dit Me Dupont.

La plupart de ses confrères sont des avocats de la province. Peu de Canadiens tentent leur chance comme lui en Saskatchewan, « car il y a peu d’argent à se faire », explique-t-il.

Me Dupont pense donc à revenir à Montréal, une ville qu’il qualifie de « dynamique et dans laquelle il y a possibilité de travailler à la fois en anglais et en français », ajoute l’avocat.

En recours collectif ? « Pas forcément. Je suis ouvert à toutes les portes qui s’ouvriront ».