Me Joey Zukran a été le plus vif en déposant la première action collective de l’année.
Me Joey Zukran a été le plus vif en déposant la première action collective de l’année.
Le palais de justice de Montréal venait tout juste d’ouvrir ses portes pour la nouvelle année que Joey Zukran déposait déjà la première action collective de l’année.

Le prolifique demandeur, qui dépose 7 demandes en moyenne chaque année, s’attaque cette fois aux fabricants d’implants mammaires texturés. En 2018, son cabinet a déposé 8 demandes.

La demande déposée le 3 janvier dernier par l’avocat, qui fait équipe avec le cabinet montréalais Tiger Banon dans ce dossier, allègue un « manquement à l'obligation de divulguer les risques de cancer associés aux implants mammaires texturés ».

« Cela faisait plusieurs mois nous travaillons sur le dossier, alors que les informations concernant les problèmes causés par les implants texturés ont commencé à émerger », explique à Droit-inc Me Zukran.

La demande vise notamment à faire autoriser l’action pour le Canada, et non seulement pour le Québec.

Un nombre élevé de victimes

En décembre dernier, l’Union européenne a imposé un rappel des implants texturés, observant qu’il « y avait une surexposition d'un type de prothèse particulier, à l'origine de 85 % des lymphomes chez les patientes atteintes… Il s'agit des prothèses mammaires macro-texturées Biocell d'Allergan ».

Il est trop tôt pour connaître le nombre de victimes potentielles, explique Me Zokran, qui relève cependant que le chiffre de 20 000 circule. « Mais c’est une estimation conservatrice. »

Dans l’argumentaire soumis à la cour, les demandeurs relèvent que les fabricants d’implants ne divulguent pas adéquatement les risques associés à leurs produits. En 2018, Santé Canada relevait 359 cas de problèmes de santé causés par des implants mammaires.

La demande soutient en outre que les risques de cancer causés par les implants sont connus et documentés depuis 1997. Malgré cela, on en a vendu au Canada sans divulguer les risques associés à ces produits.

Plus d’1G$ de réclamation

Invoquant la Loi sur la protection du consommateur, la demande soutient que les défendeurs se sont livrés à des pratiques commerciales interdites en vantant leurs produits de façon « fausse ou erronée ».

Les manufacturiers et distributeurs de tels produits au Canada visés par la demande sont Allergan Inc., Allergan USA Inc., Allergan PLC, Mentor Worldwide LLC, Johnson & Johnson Inc., Ideal Implant Inc. et Clarion Medical Technologies.

Les membres de l’action pourraient recevoir jusqu’à 57 000 dollars chacune, ce qui entraîne une réclamation totale pouvant dépasser le milliard de dollars.