Mes Natacha Mignon, Jennifer Stoddart, Karine Jean-Baptiste, Geneviève Bernatchez, Marie-Kettlyne Ruben et Audrey Gibeault.
Mes Natacha Mignon, Jennifer Stoddart, Karine Jean-Baptiste, Geneviève Bernatchez, Marie-Kettlyne Ruben et Audrey Gibeault.
Comment partir l’année du bon pied? Plusieurs juristes nous confient leurs bonnes résolutions.

1- Déculpabilisation

Voilà le maître mot de Me Natacha Mignon, avocate associée chez Immetis services juridiques, pour gérer la conciliation famille-travail.

« Il faut déculpabiliser. Concilier famille et travail ça concerne aussi le chum. J’ai trois enfants et ça m’a pris du temps de me dire que si je manque une réunion parents-profs, ce n’est pas la fin du monde, du moment qu’on communique bien dans sa famille, avec les enfants… ».

Elle insiste sur le fait qu’il ne faut pas prendre la vie de façon trop dramatique, mais au contraire avec bonne humeur.

« Il faut imposer sa vie professionnelle tout comme sa vie personnelle, et les deux finiront par fonctionner ensemble ».

Et quant au travail de tous les jours, elle donne deux conseils : « Ne jamais laisser un courriel sans réponse et ne jamais rien remettre au lendemain ».

2- Partage des tâches

Pour Me Jennifer Stoddart, conseillère stratégique chez Fasken, il y a encore trop d’avocates qui quittent le travail plus tôt que leurs homologues masculins du fait des responsabilités familiales.

« Il est temps de dire que les tâches soient partagées, que ce soit parfois l’homme qui aille à la garderie ou reste à la maison les enfants… Que ce soit dans le privé ou dans le public, il y a encore beaucoup d’efforts à faire. Tout le monde doit assumer sa juste part ».

La juriste avait choisi en début de carrière de travailler dans le secteur public pour avoir des horaires plus prévisibles et mieux concilier carrière et vie privée.

« Mais les choses changent, beaucoup choisissent le secteur privé et en sont heureux. Donc je conseillerais tout d’abord de profiter de la façon dont les choses évoluent ».

3- Self-Care

« Self care : il faut prendre soin de soi-même! Surtout avec les enjeux actuels de santé mentale des avocats » répond sans hésiter Me Karine Jean-Baptiste, avocate recherchiste au Centre d’accès à l’information juridique.

« Il faut accepter qu’on ne peut pas tout faire. Il faut choisir une cause qui nous tient à cœur et dire non au reste. Et prendre le temps de se renseigner sur les ressources à notre disposition. C’est une chose d’avoir les moyens, ça en est une autre de les connaître ».

4- Passion

Juge-avocat général pour les Forces armées canadiennes, la commodore Geneviève Bernatchez recommande à tous et à toutes de « conserver la passion ».

« Il ne faut jamais arrêter de vouloir apprendre et d’en connaître plus. Je pense qu’à partir du moment où on arrête d’être curieux et de poursuivre ses ambitions, on meurt petit à petit. Il faut aller au bout de ce qu’on souhaite accomplir ».

5- Écoute et ouverture

Les conseils de Me Marie Kettlyne Ruben, directrice du bureau Longueuil criminel jeunesse, portent avant tout sur l’attitude et l’état d’esprit.

« Tout d’abord, être ouvert au changement : ça permet de s’adapter à la société et aux gens qui nous entourent, or être juriste c’est savoir s’adapter.

Ensuite, être à l’écoute d’autrui : des fois, on reste fixé sur notre point de vue, et écouter les autres amène une autre perspective, ça ouvre des horizons et ça permet aussi de se remettre en question.

Enfin, il faut s’écouter soi-même. On vit avec soi-même donc il faut savoir être heureux ».

6- Confiance en soi

Enfin, Me Audrey Gibeault, associée au sein du groupe Droit des affaires de Lavery, adresse ses conseils en particulier aux femmes de la profession.

« Je dirais que, particulièrement pour les femmes, il faut affronter nos peurs. Il y a une citation que j’aime bien à ce sujet : “ we miss a 100 % of the shot we don’t take” (on manque 100% des cibles qu’on ne vise pas, ndlr) ».

Elle recommande plus précisément de ne pas hésiter à se mettre de l’avant.

« Les femmes ont parfois moins tendance à développer leur marque personnelle. On est souvent très bonnes techniquement mais on se publicise moins. Il ne faut pas avoir peur de s’autopromouvoir, donner des conférences, et voir aussi comment on peut aider les clients, au-delà de son propre domaine de droit », explique l’avocate.

En tant que mère de deux jeunes enfants, elle rappelle que « ce n’est pas parce qu’on veut une famille qu’on ne peut pas avoir une carrière. Tout réside dans la gestion du temps, le travail d’équipe avec son partenaire et la capacité à déléguer des tâches ».

« Il faut se rappeler qu’une carrière ce n’est pas un sprint, mais un marathon. Même si parfois on est moins intense, il ne faut pas oublier que c’est sur le long terme » conclut-elle.