Me Catherine Piché,professeure agrégée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal.
Me Catherine Piché,professeure agrégée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal.
Les membres d’une action collective sont 25 % plus nombreux à être indemnisés lorsque l’avis à leur endroit a été communiqué via diverses technologies plutôt que par des modes d’avis traditionnels.

C’est la conclusion déterminée par le laboratoire sur les actions collectives de l’Université de Montréal mené par Me Catherine Piché.

Dans son atelier nommé « User des technologies et des médiaux sociaux pour mieux communiquer avec les membres et mieux indemniser dans l’action collective », présenté l’an passé par Clarity et Éducaloi, la professeure explique qu’un problème de communication réside dans le format actuel utilisé pour la plupart des avis.

« Les gens voient ces avis et estiment qu’ils s’adressent aux juges ainsi qu’aux avocats. Lorsqu’ils les regardent, ils ne se sentent pas concernés. Ça illustre un problème de communication important. »

Selon elle, ce sont les diverses technologies qui permettront d’augmenter le nombre de personnes indemnisées au cours des prochaines années.

Comment s’y prendre?

Dans une optique d’accès à la justice facilitée, les membres d’une action collective doivent être informés de toutes ces étapes.

Les courriels, les sites web ainsi que les médias sociaux sont de bons médiums afin d’informer les membres. La conférencière rappelle que ces derniers sont utilisés par sept canadiens sur dix.

« À mes yeux, ce n’est plus une question d’innovation, mais de reconnaître une réalité. Après tout, les Canadiens passent en moyenne 3 à 4 heures par jour sur internet! »

Ciblez donc adéquatement les membres visés par l’action collective selon leur âge, leurs habitudes de consommation, leur statut et leur lieu de résidence. Cela vous aidera à choisir le mode de diffusion choisi pour les informer.

Un exemple intéressant

Pour illustrer son point de vue, Me Piché présente une action collective remportée concernant la mousse de polyuréthane.

Après qu’elle eut été réglée au coût de 38 millions de dollars, les Canadiens pouvaient être indemnisés par les fabricants puisqu’ils avaient commis une infraction à la loi de la concurrence en gonflant les prix d’achat.

Le site web moussepayante.com a alors été créé par l’entreprise RicePoint Administration.

Il suffisait aux clients de prendre une photo de l’étiquette de leur bien contenant de la mousse, remplir un formulaire sur le site web en y joignant la photo et le tour était joué : ceux-ci recevaient un chèque de 20 dollars par la poste.

Dans le cadre de cette campagne, plusieurs slogans intéressants ont également été utilisés :

« Vous possédez un divan? Faites-vous 20 $ grâce à ce recours collectif! »

« Un 20 $ vous attend peut-être dans votre sofa »

« Il n’a jamais été si facile de réclamer 20 $ ».

Bien qu’il soit encore trop tôt pour en retirer des résultats, la professeure est convaincue qu’une campagne de la sorte devrait être considérée comme un exemple à suivre.

« Les membres d’une action collective se sentent beaucoup plus interpellés par une image et des slogans révélateurs qu’un avis d’action collective régulier! »