Elisabeth Gendron, 24 ans, sur le point d'être assermentée par le Barreau de Montréal.
Elisabeth Gendron, 24 ans, sur le point d'être assermentée par le Barreau de Montréal.
Du 2 au 6 janvier dernier, quelque 140 jeunes québécois âgés de 18 à 25 ans ont revêtu leurs habits de politiciens dans le cadre du Parlement étudiant du Québec (PEQ).

Parmi eux, de nombreux étudiants en droit pour qui politique et carrière juridique font bon ménage.

Mais c'est quoi, au juste, le Parlement étudiant?

Le temps d'une semaine, des dizaines de jeunes se retrouvent au sein du Parlement québécois pour simuler une session parlementaire. Deux caucus s'affrontent : les Bleus (plutôt à gauche) et les Rouges (plutôt à droite). À tour de rôle, chaque caucus occupe le rôle du gouvernement et celui de l’opposition officielle. Chacun présente, pendant son tour au gouvernement, trois projets de loi, un budget et un projet de livre blanc.

Tous les projets de loi se retrouvent sur le bureau de la ministre de la Justice. Cette année, Sonia Lebel pourra se pencher notamment sur le projet de loi encadrant le droit de vivre dans un environnement sain, présenté par le caucus bleu, ou le texte sur l'automatisation de la fonction publique, rédigé par le caucus rouge.

Deux expériences complémentaires

Philippe Poulette, avocat au ministère de la Justice - Photo : Michaël Laforest.
Philippe Poulette, avocat au ministère de la Justice - Photo : Michaël Laforest.
« C’est la simulation la plus réaliste en raison du caractère partisan des débats et de la hiérarchie au sein des caucus », nous a expliqué Philippe Poulette, avocat au ministère de la Justice, vice-président et administrateur de l’Association des parlementaires étudiants du Québec.

Le Parlement serait aussi, selon lui, « une bonne manière de mettre en pratique les enseignements de la faculté de droit ».

Et ces connaissances juridiques pourraient même constituer un plus pour les étudiants en droit qui participent au PEQ.

Elisabeth Gendron, 24 ans, sur le point d'être assermentée par le Barreau de Montréal, estime qu'« il faut comprendre le droit pour adopter des lois cohérentes, constitutionnelles ».

L'expérience parlementaire serait aussi un atout incontestable en prévision d'une future pratique juridique. La politique « développe les capacités oratoires et offre une expérience de prise de parole en public », a-t-elle précisé. D'ailleurs, « beaucoup d'avocats sont passés par le PEQ et sont maintenant dans des cabinets respectés ».

L'amour de la politique avant tout

Vincent Boulay a passé les examens du Barreau en décembre après une année de stage au sein de l'Assemblée nationale.
Vincent Boulay a passé les examens du Barreau en décembre après une année de stage au sein de l'Assemblée nationale.
Un passage au Parlement étudiant semble donc constituer un plus aux yeux des recruteurs.

Vincent Boulay, qui a passé les examens du Barreau en décembre après une année de stage au sein de l'Assemblée nationale, nous a ainsi expliqué que « certains cabinets interagissent avec l'appareil gouvernemental, ça peut être un plus pour eux d'avoir quelqu'un qui a de l'expérience là-dedans ». Lui en est à sa quatrième participation au Parlement étudiant.

Ce sentiment est partagé par Philippe Poulette dont le poste au ministère de la Justice l'amène à entrer en relation avec des autorités ministérielles.

« Détenir une bonne connaissance des rouages politiques permet de mieux conseiller mes clients et d’avoir une plus grande confiance en mes moyens ».

Une chose est sûre, l'amour de la politique est indispensable à un tel engagement.

Elisabeth Gendron, vice présidente du comité national des jeunes du parti québécois depuis le mois de mai dernier, est très impliquée en politique et compte bien devenir député un jour.

Vincent Boulay, lui, n'exclut pas cette possibilité, même s'il fait de sa carrière juridique une priorité. « Si les conditions sont réunies, pourquoi pas », nous a-t-il confié.