Me Léna Taylor est responsable du programme de développement professionnel des avocats chez Langlois.
Me Léna Taylor est responsable du programme de développement professionnel des avocats chez Langlois.
Désormais, quand vous arrivez chez Langlois, c’est Me Léna Taylor qui vous prend sous son aile.

Après 5 ans chez Stikeman, l’avocate de formation a fait le saut chez Langlois en novembre dernier. Elle y est responsable de tous les aspects du programme de développement professionnel des avocats du cabinet, tant à Montréal qu’à Québec.

Lors de ses études en droit à McGill, la Barreau 1996 avait pourtant un tout autre plan en tête : pratiquer le droit international public. Ce qu’elle a fait pendant des années, à Paris chez Gide Loyrette Nouel, à Londres au sein du cabinet Freshfields ou encore chez Davies à Montréal.

Mais trop de bureaucratie freine son enthousiasme. Elle se lance alors un nouveau défi, d’abord chez McCarthy, en devenant directrice des programmes étudiants au sein du cabinet. Elle y gère le processus de recrutement, de l'embauche, du mentorat et de l'évaluation des étudiants et des stagiaires pendant 7 ans.

Puis, elle rejoint Stikeman. Pendant 7 ans, elle est la directrice du développement professionnel / formation des jeunes avocats.

Qu’est-ce qui l’a poussé à se rejoindre Langlois? D’abord, l’associé directeur, Jean-François Gagnon, « un leader rassembleur et ouvert » dit-elle. Mais pas seulement.

Droit-inc a voulu en savoir un peu plus sur le parcours de la juriste et, au passage, lui retirer quelques infos sur le portrait-robot de l’avocat idéal en 2019.

Droit-inc : Être directrice, talent juridique, dans un cabinet d’avocats en 2019, ça implique quoi?

Me Léna Taylor : C’est vraiment de pouvoir accompagner tous les avocats, les jeunes associés mais aussi les étudiants et les stagiaires dans leur développement professionnel en début de carrière.

Au début, il est surtout question du développement de leurs compétences juridiques, mais ensuite, plus on progresse dans la carrière, plus le développement de la clientèle, du réseau prend de la place. Certains visent l’association aussi.

Concrètement, qu’est-ce que vous faites pour les accompagner?

On met sur place certains programmes, on bonifie ceux qui existent au niveau de la rétention, du recrutement, de la rémunération ou du rendement. Il faut beaucoup être à l’écoute, faire en sorte que leur intégration se passe bien, voir s’ils partagent les valeurs du cabinet, ça part de là.

Au niveau du mentorat, on organise des activités fructueuses entre mentors et mentorés, j’ai un rôle de coaching à l’interne. Je discute avec eux des défis qu’ils rencontrent et de la façon dont ils peuvent les surmonter.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre profession?

C’est l’aspect humain, rencontrer des gens, les accompagner dans leur carrière dans leurs défis, souvent interreliés avec leur vie personnelle. Ça me plaît beaucoup. Comme quoi le droit mène à tout! Quand on est étudiant on a une certaine vision de ce qu’on veut faire mais quand on reste ouverts, on fait parfois de belles découvertes.

J’aime aussi pouvoir contribuer à la croissance d’un cabinet, dont évidemment les avocats sont la plus grande ressource. Le défi, ici, est grand car je peux mettre toutes mes années d’expérience au contact d’autres cultures d’entreprises au profit de Langlois.

Pourquoi Langlois? En termes de structure c’est différent de chez Stikeman.

La structure est différente, peut-être un peu plus flexible car moins établie. Mais il y a des valeurs communes comme l’excellence.

Chez Langlois, j’aime le dynamisme du leadership, qui est jeune, et la gestion collaborative du cabinet. Les valeurs du cabinet qui vise l’excellence tout en souhaitant offrir un environnement où les gens sont heureux, m’ont aussi beaucoup plu et me plaisent toujours!

Pour Léna Taylor, les milléniaux « ont besoin d’une tape dans le dos de temps en temps. »
Pour Léna Taylor, les milléniaux « ont besoin d’une tape dans le dos de temps en temps. »
Comment on retient ses talents dans un environnement aussi compétitif que le milieu juridique?

Ce que les gens semblent rechercher, c’est une certaine flexibilité, en termes d’horaires mais aussi de conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle. C’est important d’offrir cela. Il faut aussi leur donner des opportunités et des défis tout au long de leur carrière car on travaille avec des gens qui ont de l’ambition.

Et les milléniaux?

Je dirais que c’est la rétroaction, et pas seulement une fois par année, ils veulent du feedback en continu, se sentir appréciés et se le faire dire. C’est fini l’époque où on se disait : « si t’entends rien, c’est que tout va bien ». Ils ont maintenant besoin d’une tape dans le dos de temps en temps pour se le faire confirmer.

L'entrepreneuriat est une notion extrêmement valorisée au sein des cabinets, vous en pensez quoi?

En terme de valeurs, outre l’excellence, l’engagement et la motivation, l’esprit entrepreneurial fait maintenant partie de l’ADN du cabinet. On encourage nos avocats à être présents sur le marché pour développer leur clientèle.

On n’est pas une grande structure donc on se doit de prendre notre place sur le marché. D’ailleurs on a presque doublé nos professionnels en 5 ans. Ça nous rend attrayant pour aller chercher les meilleurs talents.

Comment décririez-vous l’avocat idéal et performant d’aujourd’hui? Que doit-il avoir?

Les compétences juridiques, c’est la base. Il faut ensuite que l’avocat ait une bonne capacité d’adaptation et d’innovation. Sa réflexion doit être un peu plus large. Il doit se demander : qui sont les clients? Comment mieux les servir? Ne pas seulement donner des conseils juridiques, mais des conseils d’affaires, pratiques.

Les compétences relationnelles, cela va sans dire. Je dirais aussi qu’il faut peut-être être capable d’une certaine résilience. Les marchés canadiens et québécois ne sont pas tout le temps en expansion, donc ça prend d’être résilient, et capable de s’adapter.

Vous avez une relation privilégiée avec les avocats. Qu’est-ce qui les préoccupe le plus?

Chez les plus jeunes, ce sont surtout des questions d’orientation : quels secteurs de pratique choisir? Dois-je faire une maîtrise ou une common law? Dois-je continuer à développer mes compétences académiques?

Les jeunes veulent aussi atteindre les attentes des cabinets, qui ont tout avantage à se montrer transparents quant à celles-ci. Après c’est sûr que l’atteinte des heures facturables restent toujours la sempiternelle préoccupation de tous! Développer sa clientèle tout en gardant son style est aussi un enjeu, un peu plus tard.

Et quels sont vos plus grands défis à vous?

C’est une bonne question. Les défis du marché : la rétention, la clientèle exigeante. Mais aussi, c’est de savoir être à l’écoute des gens qu’on va accompagner et d’être flexible quant aux mouvements du marché, de savoir s’adapter.

Finalement vous avez les mêmes défis qu’un avocat!

Oui! Je le suis aussi, c’est peut-être pour ça! (Rires)

La pratique ne vous manque pas?

Ça fait plus de 12 ans que je ne pratique plus donc je dirais que non car j’aime mon travail, j’aime ce que je fais. J’ai trouvé ma voie!