Le monde juridique, cruel pour les introvertis ?
Le monde juridique, cruel pour les introvertis ?
S'il n'est pas toujours évident pour un introverti de vivre dans un monde où l'extraversion est la norme, cette situation pourrait être encore plus difficile à vivre dans le milieu juridique.

C'est du moins ce qu'affirme l'avocate américaine Jill Switzer dans un article paru sur Above the law.

« Nous sommes la seule profession dans laquelle nous sommes payés pour être dans la confrontation. D'autres professions collaborent, pas nous. Et pour ceux d'entre nous qui sont introvertis, le fait d'être ouvert, agressif, volubile est contre-nature », écrit-elle.

Ne pas confondre timidité et introversion

Switzer fait référence au livre The introverted lawyer de Heidi K. Brown, paru en 2017. Dans cet ouvrage, l'avocate, professeure de droit et introvertie, partage les problèmes qu'elle a pu rencontrer dans sa pratique.

Il ne faut pas confondre timidité et introversion prévient-elle. « Les introvertis préfèrent les activités solitaires aux activités sociales parce que c'est ce qu'ils préfèrent faire. Les gens timides choisissent des activités solitaires par peur ou par anxiété ».

Si nous devons tous être extravertis d'une manière ou d'une autre dans un cadre professionnel, le problème survient, selon Heidi K. Brown, « quand notre travail crée un sentiment d'inauthenticité et que nous ne sommes pas fidèles à qui nous sommes ».

Un impact sur la santé mentale des avocats

Pour elle, cette situation n'est pas sans lien avec l'augmentation des taux d'abus d'alcool et d'autres drogues et les problèmes de santé mentale dans la profession.

Pour autant, les avocats introvertis ont quelque chose à apporter à la profession. S'ils évitent de verser dans la joute verbale et préfèrent rester silencieux, « quand ils ont quelque chose à dire, ça vaut le coup d'écouter » affirme l'auteure.

Dans son bouquin, Heidi K. Brown propose un « parcours en sept points vers l'authenticité ». Elle livre un certain nombre de conseils et d'exercices que l'introverti peut utiliser aussi bien au cours de ses études de droit que dans sa pratique.

Ne pas se travestir en extravertis

Les avocats, même expérimentés, y trouveront des conseils sur la façon de traiter les dépositions, les conférences téléphoniques, les négociations, les audiences et autres activités juridiques sans avoir à transpirer.

Jill Switzer déconseille pour sa part aux avocats introvertis de se travestir en extravertis.

S'adressant à ceux qui pensent que le droit et l'introversion ne font pas bon ménage, elle écrit que « les introvertis sont tout aussi durs mentalement et peuvent survivre à tout ce qui leur arrive. Ils sont à la hauteur des défis de la pratique, mais ils les abordent différemment. »