Dans les 10 plus importants cabinets américains 61 % des avocats sont des milléniaux.
Dans les 10 plus importants cabinets américains 61 % des avocats sont des milléniaux.
Alors que les plus vieux avocats de la génération du millénaire accèdent à l’association, les firmes se posent la question de la rétention.

En outre, ces avocats nés dans les années 1980 et 1990, surtout ceux dans la mi-trentaine, sont en voie d’accéder au capital des firmes, pour y rejoindre leurs collègues de la génération X.

La vague se prépare aux États-Unis : dans les 10 plus importants cabinets américains selon le profit par associé avec participation (equity partner), 61 % des avocats sont des milléniaux.

Répartition du nombre d'avocats par âge.
Répartition du nombre d'avocats par âge.


Et chez ceux qui ont maintenant 10 de pratique, la participation au capital—et donc le droit de vote—est proche. Et les responsabilités inhérentes au développement d’affaires.

Car ces jeunes avocats, dont le travail se limite surtout à engranger les heures facturables, n’ont pas du tout les mêmes objectifs professionnels que leurs aînés, rapportent plusieurs études annuelles compilées par AML, le groupe d’intelligence d’affaires juridiques américain éditeur du prestigieux American Lawyer.

Ajoutons à cela que l’industrie cherche de nouvelles sources de revenus, pour pallier la concurrence des tiers peu coûteux et l’abandon des heures facturables, et le vent tourne :
les grands cabinets devront être créatifs pour garder sa plus importante base de main-d’œuvre.

Rémunération

Déjà, le changement se fait sentir dans les attentes salariales. Ainsi, les enquêtes annuelles sur les régimes d’intéressement des avocats mesurent depuis quelques années les avantages autres que financiers.

Et l’on découvre ainsi que plusieurs avocats, tant les milléniaux que leurs prédécesseurs de la génération X, née dans les années 1970, échangeraient volontiers une partie de leurs revenus contre davantage de congés, des horaires flexibles, et plus de temps passé pour faire du pro bono, se perfectionner et à développer sa carrière.

Aujourd’hui, c’est plus de la moitié des associés sans participation qui prendrait une baisse de revenus en échange d’avantages. La proportion monte à 70 % chez les associés nommés depuis moins de 5 ans.

Quand on leur demande ce qu’ils céderaient en échange d’un portion de leurs revenus, les avocats choisiraient d’avoir plus de congés. Pour les plus jeunes, une réorganisation du travail (moins d’heures à facturer, et des horaires flexibles) est favorisée.

Ces nouveaux venus, dont certains accèdent tout juste à l’association, veulent un environnement de travail qui correspond davantage à leurs besoins : du temps pour la famille, et un équilibre les impératifs professionnels et personnels.

Rétention

Avec les milléniaux qui commencent à peine à accéder à l’association, il reste un peu de temps aux cabinets pour revoir leur stratégie de rétention de cette main-d’oeuvre. Mais pas beaucoup. Déjà, l’association et la participation au capital ne sont plus un objectif de carrière en soi.

Il faut en tenir compte, car ce sont les milléniaux qui amèneront des clients aux cabinets dans un avenir proche. Si les segments d’affaires doivent être réinventés pour les cabinets, il faut des avocats qui iront au front et porteront les nouvelles idées.

Et surtout, qui convaincront les nouveaux clients de leur donner des mandats.