L'ABC remet le Prix du président à Beverley McLachlin.
L'ABC remet le Prix du président à Beverley McLachlin.
Près de 30 ans à la Cour suprême, dont 17 ans à sa tête, c’est déjà remarquable. Mais Beverley McLachlin aura en plus été la juge en chef d'un banc qui a planché dur sur les grands principes de droits fondamentaux.

Selon l’Association du barreau canadien, qui lui remettait ce prix le 12 février, « Beverley McLachlin est une visionnaire juridique qui a facilité l’entrée du système judiciaire du Canada dans le 21e siècle »

« Beverley McLachlin a entamé son mandat à la Cour suprême à peine quelques années après le rapatriement de la Constitution et l’adoption de la Charte des droits et libertés; ainsi, elle a joué un rôle important dans l’établissement de la jurisprudence qui découle de ces deux document », déclare Ray Adlington, président de l’ABC, qui est d’avis qu’elle a façonné la personnalité juridique du Canada.

Nommée en 1989 par Brian Mulroney, tant les décisions auxquelles elle a participé que celles qu'elle a présidées illustrent des convictions, mais aussi une capacité à s'élever au-dessus de la mêlée, disent les observateurs.

Reconnue comme étant la juge dont le tribunal a balisé l’application de la Charte, elle a été nommée juge en chef en 2000, la 17e à porter le titre et la première femme du Commonwealth à occuper ce poste.

Ainsi, au début des années 1990, avec les arrêts Keegstra, portant sur le discours raciste d'un enseignant albertain, et Zundel, négationniste torontois d'origine allemande qui remettait en question l'holocauste, elle n'a pas hésité à défendre la liberté d'expression dans un contexte très difficile.

À l'autre bout du spectre politique, Beverley McLachlin a également été celle qui a déclaré que le traitement des autochtones canadiens depuis la Confédération n'était rien moins qu'un génocide culturel.