L’avocate Isabelle Nadia Tremblay
L’avocate Isabelle Nadia Tremblay
Sur le relevé, on voit bien que des dépôts, totalisant 1 954 dollars, ont été faits.

C’est également ce qu’indique la comptabilité de l’avocate Isabelle N. Tremblay, de Montréal. Mais voilà, le solde de son compte en fidéicommis sur RBC Direct, lui, affiche que les fameux 1 954 dollars manquent à l’appel.

« En gros, il s’agit d’une divergence entre les montants apparaissant aux relevés de mon compte en fidéicommis de Banque en direct RBC, et ce qui a été réellement déposé et retiré », explique Me Tremblay, ulcérée non seulement par le problème, mais également par l’attitude de la banque dans cette affaire.

Une faille informatique survenue à la fin du mois de mars 2018 a affecté plusieurs clients de RBC Direct.

Dont Isabelle N. Tremblay, qui a passé au moins six heures, sur plusieurs jours, avec de multiples agents du service à la clientèle de RBC pour tenter de dénouer l’impasse…

C’est lorsqu’elle a voulu opérer des transferts entre deux comptes, en décembre dernier, qu’elle remarque une différence entre les conciliations bancaires de son compte en fidéicommis. « Je remarque au moins deux erreurs, et en fouillant, je me rends compte que les erreurs remontent au mois de mars précédent ! » relate Me Tremblay.

Après plusieurs appels avec des agents de première ligne de RBC, incapable de parler directement à un responsable, Isabelle Tremblay dépose finalement une plainte auprès de la banque. Encore une autre escalade de dédales administratifs l’attendait, en anglais cette fois-ci.

Puis, une lettre truffée d’erreurs confirme finalement les craintes de Me Tremblay que, ajoutant à son insatisfaction : L’enquête interne, révèle que « certain (sic) client (sic) d’entreprise (sic) ne pouvait (sic) pas visualiser des transactions entre le 24 et le 30 mars 2018 (…) Cette situation a été identifié (sic) par RBC et a été corriger (sic) en date du 13 décembre », écrit la « Spécialiste Approche Client (sic) » de RBC Julie Albert, le 18 décembre.

Isabelle Tremblay s’inquiète des impacts que la situation a pu avoir sur les autres détenteurs de comptes en fidéicommis.

Problèmes potentiels

Outre le temps perdu et les soucis accumulés, Me Tremblay n’ose pas penser aux problèmes que ces erreurs de conciliation auraient pu lui causer en discipline, le temps qu’elle puisse démontrer qu’il s’agit d’une erreur de la banque.

La lettre d’excuse du 18 décembre a incité Me Tremblay à insister pour que RBC assume la responsabilité de ses erreurs.

Outre le fait qu’une grande banque « se devrait de respecter la qualité de la langue française lorsqu’elle s’adresse à ses clients francophones », Isabelle Tremblay estime avoir droit à un dédommagement.

Elle l’écrit d’ailleurs, vertement, à la banque: « Bien que la RBC reconnaisse sa faute — erreur qui a dû affecter des milliers de clients — et malgré le fait que je vous aie mentionné verbalement et par écrit que nous avions passé plusieurs heures à démêler les écritures de notre compte en fidéicommis, je ne vois aucune offre de compensation. »

« Au surplus, poursuit-elle, vous n’indiquez pas de quelle manière vous allez aviser les clients qui ont été affectés par l’erreur de la banque. Ma collègue et moi avons passé au moins six heures à tenter de démêler le dossier, notamment en raison du fait que les comptes en fidéicommis des avocats doivent balancer au sous près. Notre taux horaire est de 225 $, pour un total de 1350 $ », conclut Isabelle Tremblay dans sa réponse à RBC.

RBC a décliné notre proposition de commenter la situation.

Le dossier ne s’est toujours pas soldé à la satisfaction de Me Tremblay, qui dit avoir reçu le quart à peine de ce qu’elle réclamait à titre compensatoire.